Le CERCIL, Centre d’études et de recherches sur les camps d’internement du Loiret, a été créé en 1991 par Hélène Mouchard-Zay, fille de Jean Zay, condamné par le régime de Vichy parce que résistant et assassiné par la milice en juin 1944. Pour assurer sa pérennité, elle a négocié en 2018 avec le Mémorial de la Shoah de Paris pour que le lieu devienne Musée Mémorial des Enfants du Vel d’Hiv sous son autorité. Un émouvant hommage de toute son équipe actuellement dirigée par Annaïg Lefeuvre lui a été rendu ce dimanche 17 mai au cinéma Les Carmes d’Orléans.

Les invités ont été nombreux à célébrer cette grande figure de la mémoire de la Shoah, grande humaniste, femme de conviction, de dialogue et d’action. Tous ont témoigné combien Hélène Mouchard-Zay a marqué leurs mémoires et leurs cœurs. Ont été associés l’historienne Annette Wievorka, le responsable du Théâtre de l’Imprévu Eric Cénat, Arthur Nauczyciel actuel directeur du Théâtre Nationale de Bretagne, Robert Bober, réalisateur et écrivain, dont a été projeté « Les récits d’Ellis Island », film de 1980, co-écrit avec Georges Perec.
Hugo Zermatti a détendu l’atmosphère avec un sketch mettant en valeur d’anciens lycéens du dispositif franco-allemand Mémoires croisées. L’illustrateur Gilles Rapoport, auteur des romans graphiques « Les enfants d’Izieu » et « Le convoi des mères » a créé trois dessins en direct sur l’écran.



Invitée en septembre 2018 au Mémorial de la Shoah, Hélène Mouchard-Zay revenait sur le sens de son engagement : « Bien qu’indispensables, la connaissance de l’histoire ne suffit pas, non plus que les commémorations, si émouvantes soient-elles : car l’émotion peut disparaître aussi vite qu’elle est venue. Il n’existe aucun vaccin contre des récidives mortelles. Seule l’éducation, qui apprend, patiemment, à penser par soi-même, à déconstruire les stéréotypes, à analyser des situations complexes afin d’échapper aux manipulations, seule l’éducation peut prémunir contre de futures catastrophes. Il faut éduquer, patiemment, obstinément, afin de donner aux jeunes les armes intellectuelles pour résister à toutes les tentatives d’embrigadement, les aider à acquérir la force morale pour résister aux tentations de l’égoïsme, de l’indifférence, aux lâches soulagements de démissions, petites ou grandes. »
Ce rappel de ses convictions, de son abnégation, de son énergie militante est essentiel en ces périodes où l’histoire bégaie avec l’extrême-droite aux portes du pouvoir et toutes les initiatives idéologiques de tous ordres pour en faciliter la venue.