Le studio de la Maison européenne de la photographie dédié aux jeunes artistes émergents nous donne à découvrir les collages de Sarah van Rij née aux Pays-Bas en 1990. Intitulée « Atlas des Échos » sur une suggestion de la commissaire Victoria Aresheva elle réunit un ensemble de collages noir et blanc et couleurs donnant une approche singulière de la vIlle internationale.
Autodidacte Sarah van Rij commence sa pratique en 2018 par la photographie de rue, avant d’élargir son travail au paysage et à la nature morte, puis de se tourner vers le collage qui synthétise toutes ses expériences. De ses déambulations dans les grandes métropoles, elle a conservé des vues subjectives réalisées au plus près des passants comme des éléments constitutifs de la cité. Nourrie par une importante culture visuelle à base de photographie, de peinture et de cinéma elle rend compte de sept ans d’explorations urbaines où les flux de la foule exaltés par la lumière composent des récits fragmentaires.
Elle porte une attention soutenue aux signes invisibles du quotidien, aux instants fugaces qu’elle conjugue avec les gestes des passants, les silhouettes cadrées à travers une vitre, ombres portées, détails de mains ou de vêtements saisis dans le mouvement. Pour mieux inscrire sa présence en guise de signature visuelle elle insère ses autoportraits où elle se glisse en une ombre ou une silhouette dans ces environnements.
Ses collages noir et blanc sont dans la parfaite continuité esthétique de l’École de la rue de New York active de 1935 à 1963, on pense notamment aux images de Bruce Davidson. Elle actualise et rend vraiment contemporaine ce type de représentation par une saturation du cadre et son extrême fragmentation.
Les autres collages mêlent des éléments noir et blanc et couleurs et quelques unes sous des composants collés. Les liens entre les deux types d’images traduisnt une sorte de montage hérité du cinéma, de ce fait une fluidité de lecture se met en place qui donne accès à une réinvention de la ville.





