Les arts visuels ont besoin d’une politique publique, la présidentielle est l’occasion de la réclamer avec une action de lobbying
À un an des présidentielles la plupart des nombreux candidats n’ont pas de programme culturel, deux ou trois citent cinéma et musique, le RN pour supprimer le CNC, modèle exceptionnel, mais les arts visuels sont totalement ignorés. Durant la semaine d’ouverture des Rencontres d’Arles les deux réseaux Lux et Diagonal, les Filles de la Photo, France PhotoBook et les États généraux de la photographie se sont réunis dans le cadre du festival off (le in n’étant pas assez sensible à ces questions) pour interroger les politiciens candidats et exiger une véritable politique publique.
Bien que le budget global des arts visuels atteigne 7 milliards d’euros, elle n’a jamais fait l’objet d’une politique ambitieuse. Étaient réunis Sylvie Hughes (Lux), Sabrina Ponti (Les États généraux), Éric Sinatora (Diagonal), Luce Gramond (Greenlobby) et Joseph Confavreux journaliste culturel à Médiapart. Ensemble ils ont rappelé le rôle formateur des deux réseaux, notamment à travers le programme « Entre les images » 33 000 personnes ont bénéficié d’ateliers de formation à l’image, pour une diversité de publics. Financièrement 62 % des artistes auteurs gagnent moins de 20 000 euros par an et seulement 3 % d’entre eux plus de 60 000. Autour de l’image sont réunies des professions très éclatées. L’IA a remis en question beaucoup de leurs contrats.
Les dégâts de cette invention technologique tous azimuts sont considérables tels que les énumère l’article des États généraux paru dans Libération daté du samedi 11 et du dimanche 12 juillet : « Ce ne sont plus seulement les droits d’auteur qui sont en jeu, mais l’ensemble de l’économie de l’image : emplois, revenus, agences, médias et structures qui font vivre la photographie. »
Pourtant Luce Gramond a rappelé que l’image représente un enjeu important d’influences. Il est vital d’associer à cette quête de reconnaissance les syndicats (ADAGP, SAIF, UPP), mais aussi le CIPAC, sans oublier critiques et commissaires d’expositions (AICA et CEA) mais encore les directeurs d’école d’art (ANDEA) dont Dati a ruiné plusieurs d’entre elles préparant l’action de l’extrême droite.
Parmi les candidats, Édouard Philippe a dans son parti Laure Darcos qui vient de faire passer une remarquable loi protégeant les images et contenus culturels des utilisations abusives de l’Intelligence artificielle et Christelle Morançais qui a totalement sabordé les budgets artistiques et culturels dans les Pays de la Loire, de quel côté son programme va-t-il pencher ?
Bien entendu, pour que cette politique publique des arts visuels voit le jour, le ministère de la Culture n’est pas le seul interlocuteur, il faut solliciter les ministères de la Jeunesse et des sports, de L’Éducation nationale et l’Éducation populaire.
L’importance d’une action commune est essentielle, comme le prouve l’exemple récent du Théâtre de Vanves que la ville voulait soumettre à une année blanche sans aucune programmation, et qui a renoncé après une résistance organisée par les comédiens et leur syndicat, les troupes et le public soutenus par les différents supports de la presse générale et culturelle.
Il est important aujourd’hui de fédérer toute la culture, pour l’obtention d’une loi intégrale, pour cela il faut structurer ensemble notre récit autour des rôles de l’image dans notre société, essayer de diviser le monde économique entre les fabricants internationaux de l’IA, les GAFA en défendant les créateurs français proposant une IA éthique pour maintenir leur souveraineté, opérer des rassemblements transpartisans, instaurer éventuellement une taxe affectée sur le modèle du cinéma, trouver d’autres solutions économiques. Il faut soumettre tous les candidats à la présidentielle à un Grand oral à ce sujet.
Face aux fakenews, à l’IA, aux multiples avancées médiatiques et politiques de l’extrême droite, la formation à l’image et la défense des créations de tous ordres est un enjeu démocratique.
Pour participer à cette réflexion :
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