Faculté de médecine Montpellier : Exposition « Carabins dans l’entre-deux-guerres »

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L’exposition Carabins dans l’entre-deux-guerres rassemble photographies, cartes postales, fascicules, affiches restaurées, documents d’archives et rend compte de la vie des étudiants en médecine, surnommés les Carabins. Pour la première fois, la Salle de dissection du bâtiment historique de la Faculté de médecine de Montpellier, la plus ancienne d’Europe encore en exercice, est ouverte au public dans le cadre de cette exposition patrimoniale. 

Sous la direction de Sophie Dikoff, cheffe de service des Archives de l’Université de Montpellier, tout un travail a été réalisé au départ pour valoriser un fonds d’affiches exceptionnel, inventorié en 2009 et restauré en 2024.

Exposition Carabins dans l’entre-deux-guerres, Faculté de médecine Montpellier, Salle de dissection et affiche Sanatorium (c) Fatma Alilate

À hauteur d’étudiants

Pendant l’année 2025, chaque réunion avec des étudiants en médecine, des professeurs et du personnel des Archives est un émerveillement face à la découverte de ces trésors tombés dans l’oubli : « Une évidence est apparue, explique Sophie Dikoff, présenter des affiches en couleurs et en particulier les plus grandes et les plus belles, celle du Sanatorium du Touvet et des vacances d’hiver de l’Office du tourisme universitaire, sans oublier les affiches de cours de la Faculté dont la tradition a disparu. »

Exposition Carabins dans l’entre-deux-guerres, Faculté de médecine Montpellier, Salle de dissection (c) Fatma Alilate

À la Faculté de médecine de Montpellier, bâtiment historique du XIVe siècle classé au titre des Monuments historique, le parcours s’organise de la terrasse avec vue sur la Cathédrale Saint-Pierre à l’impressionnante salle de dissection aux vingt-huit tables en marbre. 

Exposition Carabins dans l’entre-deux-guerres, Faculté de médecine Montpellier, Affiche Séjour d’hiver Autriche (c) Fatma Alilate

L’exposition Carabins dans l’entre-deux-guerres fait découvrir l’histoire de cette Faculté de médecine à hauteur d’étudiants avec une reconstitution du quotidien (logement, restauration), les étapes académiques de l’inscription à la Thèse, les fêtes et cérémonies… Par des photographies, des livrets et des cartes d’étudiants, des affiches, des portraits d’enseignants-chercheurs et de doyens, c’est tout un monde qui renaît dans une ville universitaire, Montpellier, qui a connu de grands bouleversements urbains depuis la deuxième moitié du XIXe siècle.

La période de l’après Première Guerre mondiale est marquée par d’importantes pertes humaines estimées à 1,4 million et à 4 millions de blessés. Parmi les étudiants en médecine mobilisés dès 1914 comme médecins auxiliaires, tous ne revinrent pas. Une plaque commémorative à l’entrée de la Faculté leur est dédiée. L’entre-deux-guerres couvre aussi les Années folles et la décennie trouble des années 1930 avec la montée des mouvements nationalistes.

Exposition Carabins, Faculté de médecine, Carte d’étudiant (c) Fatma Alilate

Ce voyage dans le temps met en lumière des trajectoires d’étudiants dont certains sont venus de Russie, de Grèce, des figures scientifiques, et la vie montpelliéraine, ses nouveaux quartiers, les magasins comme la Nouvelle Galerie ou le Grand Café Riche dont des reproductions publicitaires sont présentées en fin de parcours.

Exposition Carabins dans l’entre-deux-guerres, Faculté de médecine Montpellier, Affiche Carnaval 1928 (c) Fatma Alilate

« Comme Doyenne, médecin, ancienne étudiante, c’est une exposition que je qualifie de vibrante. »

Un des moments phares est la célébration en 1921 du 700e Anniversaire de la Faculté de médecine avec la venue d’Alexandre Millerand (1859-1943), président de la République. Des articles de journaux d’époque et des photographies restituent les différentes manifestations. 

À la Salle de dissection, tout un espace est consacré aux lieux d’enseignement : la Bibliothèque, l’Amphithéâtre d’anatomie, la Salle des actes… Les terrains de stage concernent certains hôpitaux toujours ouverts, Saint-Eloi et l’Asile d’aliénés Font d’Aurelle devenu La Colombière. D’autres institutions ont changé de vocation. Une affiche illustre les voyages d’études médicales aux stations thermales régionales. Sur une table, la revue Montpellier médical consacre ses pages à ce sujet. Des bourses permettent aussi aux étudiants de suivre un semestre dans une autre ville ou un complément d’études dans une université américaine.

Exposition Carabins dans l’entre-deux-guerres, Faculté de médecine Montpellier, Promotion internat 1936 (c) Fatma Alilate

En 1920, la Faculté de médecine ne compte alors que 688 étudiants, 951 en 1935, et 3 500 à la rentrée 2026. La durée des études était de cinq ans avec un concours de l’externat qui se déroulait en fin de troisième année. Le concours d’internat des hôpitaux des villes était ouvert après deux ans en externat. Dans les années 1930, environ 6 étudiants par promotion accédaient à l’internat. Actuellement, les promotions d’internes sont de 385 étudiants.

Exposition Carabins dans l’entre-deux-guerres, Faculté de médecine Montpellier, Registre d’inscription : Pierre Boulet, médecin, député, maire de Montpellier (c) Fatma Alilate

L’exposition très dense montre des éléments académiques qui ne sont plus d’usage comme les grandes affiches de cours très détaillées, un guide de l’étudiant pour les TP de zoologie du professeur Calvet, la Thèse de Max Rouquette (1908-2005), médecin et écrivain de langue occitane très connu à Montpellier… Un registre d’inscription est ouvert sur le nom de Pierre Boulet (1894-1951), Maire de Montpellier de 1945 à 1953. Médecin, élu député avec le soutien du Front populaire en 1936, il fait partie des 80 parlementaires à s’opposer aux pleins pouvoirs sollicités par Pétain, le 10 juillet 1940.

À l’inauguration de l’exposition, Isabelle Laffont, Doyenne de la Faculté de médecine, n’a pas caché son émotion : « On fait revivre l’âme de cette Université. On sait d’où l’on vient, certes, on le met en avant, mais il faut des manifestations concrètes. Cette exposition est un moyen de traduire le fait que cette Faculté est ancrée dans l’Histoire. Comme Doyenne, médecin, ancienne étudiante, c’est une exposition que je qualifie de vibrante. »

Exposition Carabins dans l’entre-deux-guerres
Faculté de médecine, Montpellier
Commissaire : Sophie Dikoff
Scénographie : Chloé Martineau assistée de Jacques Fabre, pour la conception et la réalisation de cette exposition
Contribution des Archives de l’Hérault et de Montpellier, de l’association Foyer de la Jeune Fille et de particuliers.
Jusqu’au 18 décembre 2026
Les Archives de la Faculté de médecine sont accessibles à tous sur rendez-vous : dcsph-archives-historiques-medecine@umontpellier.fr