L’attente de M. Solon – Kazy Usclef

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M.U.R. Bastille, 38 rue de la Roquette, 75011 Paris, mars 2026
Raphy et Pascale Cohen, Le M.U.R. (Modulable Urbain Réactif) Bastille, direction artistique Cyrille Gouyette. 
Événement éphémère « De pierre et de papier », l’œuvre s’encre dans une série de monotypes imprimés par Michael Woolworth.
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Dans un jeu onirique inversant l’intérieur et l’extérieur, le pignon aveugle de la rue de la Roquette se fait fiction d’un salon, qui pourrait être d’un XIXe siècle fantasmé… ou d’aujourd’hui. L’espace saturé d’une intimité – vase de narcisses, céramique tapis, tableau ou décor mural… – se conforme aux dimensions et à la rugosité du mur, une femme assise, deux chats. Elle, les yeux fermés, peut-être rêve-t-elle, peut-être attend-elle ; les deux chats, regard caméra comme un défi. Entre elle et eux, le regard circule, interroge l’instant suspendu, le rapport au monde, solitude d’une intimité inaudible ou imminence d’un désordre, imaginaire ou réel ? Le mur est-il le mystère transparent de son au-delà, d’une émotion ?

Tracés au pinceau, à l’acrylique, en une multiplicité de touches de couleur, les corps et les objets déjouent la perspective et le réel, mêlant et questionnant le quotidien et l’histoire des arts, des fauves et des nabis aux muralistes, une référence peut-être plus explicite à Matisse avec le tapis et la céramique à l’oiseau bleu – colombe ou hirondelle ? –, à Braque peut-être aussi, et à Marc-Louis Solon – « L’attente de M. Solon » ? – dans les temporalités de la création et le fondu affirmé de la forme et du fond, « je peins ce qui résiste au temps, ce qui persiste dans l’invisible ».

Le travail de la couleur, se libérant de la ligne, autour du motif, du tissu, des personnages figés dans un cheminement qui pourrait tendre à l’abstraction, ouvre, pour le passant dans le contexte de la rue, à diverses narrations de l’attente.