Hauts et bas-reliefs domestiques de Ghislaine Vappereau

L’envers du décor
Ghislaine Vappereau

Exposition du 11 juin au 12 juillet

Le POCTB
Le pays Où le Ciel est Toujours Bleu
Quartier Carmes
5 rue des Grands-Champs
45000 Orléans

La première impression de l’exposition « L’envers du décor » de Ghislaine Vappereau au POCTB d’Orléans est celle d’une grande vitalité à partir d’une déclinaison de sculptures au mur et au sol, réorganisant des éléments de meubles de cuisine, table, chaise, étagère, dans des couleurs vives, ensembles avec lesquels nous ressentons selon les mots d’introduction d’Anne Debarre, historienne de l’architecture, une « Rassurante familiarité ».

À examiner les titres de ses expositions personnelles Faire MaisonNégocier le réelAplatir, Laisser réduireDéplier/déployer, Traquer les chosesLa machinerie du réel, on se rend compte de l’importance de sa méthode, de ses processus de fabrication, sensibles dans le passage de la 2D à la 3D c’est ce qui détermine aussi les légendes de ses œuvres insistant sur la technique utilisée Sculpture frontale, Sculpture/plan, dotées d’un numéro dans la série.  

C’est pourquoi, quand deux œuvres ont un titre aussi référencé que 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles elles manifestent un choix d’influence, en l’occurrence celle de Chantal Akerman, avec son premier film Jeanne Dielman, suivi de l’adresse dans la capitale belge, datant de 1975, époque que la plasticienne revendique aussi comme le début de son travail de sculpteur. On peut y voir la première manifestation d’un féminisme du quotidien lié au domicile et notamment à la cuisine. Une évolution liée à l’habitat se manifeste ainsi depuis Une chambre à soi de Virginia Woolf en 1929. Les meubles qui sont à la base de toute l’œuvre sculptée sont effectivement datés de cette seconde moitié du XXe siècle. Les matériaux en témoignent : stratifié, contreplaqué, contrecollé.

23, quai du commerce 1080 Bruxelles

Quand elle passe des bas-reliefs des Sculpture frontales et Sculptures/plan aux œuvres réellement en 3D depuis Faire maison en 2022 elle s’attache à leur possible transport et remontage, avec des œuvres dépliables ou escamotables, elle n’en cache pas « L’envers du décor » montrant l’arrière de la construction articulée autour de charnières, avec aussi des maintiens déportés.

L’étagère négligée
Dresser la table
Sculpture plan

De petites pièces sont également produites en céramique, elles s’attachent à des détails, à des focus sur des installations plus importantes, elles ont une structure proche des collages et maquettes. Elles partagent aussi avec les œuvres de plus grande dimension la même gamme colorée de couleurs vintage, acidulées et restant toniques.

L’humain est sans cesse présent en filigrane dans ces œuvres, face à la pièce intitulée Si peu reconnaissable, on envisage même une structure anthropomorphe dont le titre nous détourne, puisque les différentes manipulations passant par le tissu et la linogravure ne sont que la réinterprétation graphique d’une chaise. Pour clore l’exposition sur une note plus personnelle, la salle du sous-sol accueille plusieurs reproductions de cartes postales anciennes d’une boucherie ayant appartenu au grand-père de l’artiste et située dans le quartier même de la galerie. Elle en donne une représentation avec des petits théâtres de papier. Ceux-ci sont animés par des pop-up qu’elle a toujours appréciés, comme le prouve son livre d’artiste Comédie indifférente.

Si peu reconnaissable
Vue de l’exposition

Le site de Ghislaine Vappereau :