« What is Lost is Already on the Wall » est une exposition d’œuvres peintes par Bryce Delplanque en hommage à l’écrivaine américaine Joan Didion. Elle se fonde sur les documents des objets mis en vente après son décès en 2021 à l’âge de 87 ans. Elle est visible jusqu’au 5 avril 2026 au Pays où le ciel est toujours bleu 5 Rue des Grands Champs, 45000 Orléans.
Joan Didion, diplômée de l’Université de Californie à Berkeley, est également connue comme journaliste, essayiste et scénariste. Ses textes autobiographiques n’ont pas assuré complètement sa célébrité, ce sont plutôt ses chroniques, ses recueils d’essais, ses reportages sur des lieux comme le Salvador ou Miami et ses scénarios qui lui ont valu sa renommée sans oublier ses fictions. Au sous-sol de la galerie, une longue interview télévisée de près de trois heures « In Depth with Joan Didion » fait le point sur ses engagements littéraires.

Né en 1993, Bryce Deplanque est diplômé de la Villa Arson en 2020 et résident à POUSH. En 2024, il inaugure la galerie Prima avec « Meetlife », ce lieu reprendra l’exposition orléanaise dans une version augmentée du 18 avril au 16 mai. Lauréat du prix Carré sur Seine, sa pratique picturale se fonde sur l’appropriation et la circulation des images dont il ordonne des fragments grâce à une marge d’écart entre l’image d’origine et sa réinterprétation.
Lors de la vente aux enchères des biens de l’écrivaine, il a sélectionné différents éléments témoignant de sa pratique, bibliothèque annotée, mobilier, carnets de notes, effets personnels. Deux grands tirages réalisés en dos bleu sont contrecollés au mur dressant grandeur nature le décor intime de cet hommage.


Ces éléments documentaires entrent en dialogue avec des toiles au format Figure. Plusieurs d’entre elles reproduisent des groupes de livres extraits de la bibliothèque de l’autrice. Ces tableaux figuratifs sont réalisés par différentes techniques assurant un rendu réaliste. Il utilise avec la même dextérité, fusain et huile sur toile, encre, aquarelle et fusain, acrylique sur bois, fusain et huile sur bois.

Joan Didion était connue pour porter quotidiennement des lunettes devenues sa marque de fabrique. Le peintre en agrandit un double dont chaque monture contient un paysage réalisé au fusain, produisant ainsi un montage narratif.


Didion, grâce à son écriture tranchante, se méfiait de l’illusion d’objectivité, elle se contentait d’organiser le réel à partir de sa position d’observatrice. Delplanque crée ses peintures à partir d’une position semblable grâce à l’agencement de fragments mis en série pour l’exposition jouant d’éléments documentaires remis en scène par une visée narrative. Elle nous donne l’occasion de lire ou de relire cette autrice singulière.