La communauté noire approchée en une fiction documentaire pleine de vie

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La Maison européenne de la photographie présente jusqu’au 25 Janvier « Wish this Was Real » la première exposition personnelle en France de Tyler Mitchell photographe américain né en 1995 à Atlanta, basé dans le quartier de Brooklyn à New York, célèbre pour son portrait de Beyoncé en couverture de Vogue faisant de lui le premier Afro-Américain à contribuer à la couverture du magazine de mode. 

Encore jeune enfant il acquiert un un appareil photo pour réaliser des images de skateboard influencées par Spike Jonze. Dès 2015, Mitchell publie son premier livre à l’âge de vingt ans El Paquete. Il illustre un séjour à La Havane à Cuba, il documente la vie des skateurs et l’architecture de la ville. Mitchell fréquente ensuite la Tisch School of the Arts de l’universitéde New York où il étudie le cinéma et la télévision il y obtient son diplôme en 2017.

Son travail comprend également de la photographie de mode en recherche de reconquête culturelle et des projets de films, qui explorent des sujets autobiographiques et des thèmes identitaires.

En 2019, Mitchell organise sa première exposition personnelle au Fotografiemuseum d’Amsterdam intitulée I Can Make You Feel Good, qui comprend des œuvres vidéo, des photographies et des installations. L’exposition est présentée au Centre international de la photographie de New York en 2021.

En 2021, il expose au High Museum of Art Idyllic Space il y présente des photographies d’hommes, de femmes et d’enfants noirs dans divers contextes naturels et domestiques. Selon lui ces photographies sont censées évoquer une vision utopique de la vie noire. 

Les œuvres exposées à la MEP sont reprises de son exposition I Can Make You Feel Good qui présente des photographies de personnes noires dans leur vie quotidienne, principalement en extérieur ce qui, selon le New York Times, « remet en question les représentations historiques de l’art selon lesquelles les loisirs sont l’apanage de la noblesse blanche ».

La séquence Vies/Libertés révèle ses premières influences, autour de l’imaginaire du skateboard, où figure notamment Larry Clark. De ces images émanent joie et camaraderie malgré un contexte social fragile. La séquence Postcoloniale/Pastorale regroupe des images organisées scénographiquement pour contrebalancer les représentations classiques, picturales notamment. Famille/Fraternité réunit des portraits, certains fonctionnent en diptyques, un portrait en pied en grand format est complété par un petit tableau plus symbolique où des corps se débattent dans une matière marron dont ils émergent dans une réaction de résilience. 

En lien à une communauté, le photographe utilise des mises en scène négociées avec ses modèles, ce qui caractérise l’esthétique des fictions documentaires. 

Plusieurs dispositif sont mis en action pour dynamiser les tirages, l’auteur exploite notamment la transparence de tissus ou de voiles, qu’ils correspondent à l’espace du cadre ou viennent se superposer aux photos pour dédoubler les figures clichées.

Par ailleurs certaines photos plus petites sont tirées sur des miroirs de grande taille qui reflètent les silhouettes des visiteurs pour une intégration facilitant l’empathie.

https://www.mep-fr.org/event/tyler-mitchell-wish-this-was-real