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Tenir la ville à distance d’œuvre

Exposition aux Turbulences à Orléans

Not Vital
Not Vital
Tenir la ville à distance d’œuvre
Cette exposition La ville au loin constitue une proposition manifeste du nouveau directeur du Frac Centre Les Turbulences à Orléans qui poursuit l’action engagée dans la collection autour des relations riches et complexes entre architecture et arts plastiques. Ces nouveaux territoires en extension continue sont ainsi redéfinis par Jean Luc Nancy « La ville s’éloigne, elle s’est éloignée désormais à une distance qui tendanciellement couvre le territoire entier ».

Voir en ligne : www.frac-centre.fr

Abdelkader Damani formé à l’architecture en Algérie a étudié l’histoire de l’art et la philosophie à Lyon. Il s’est fait connaître en initiant la plateforme "Veduta" de la Biennale de Lyon, depuis septembre dernier il dirige le FRAC Centre succédant à Marie Ange Brayer partie au Centre Georges Pompidou. Il définit ainsi son programme : « Être au Frac Centre-Val de Loire consiste à vivre la cohabitation des rêves et utopies d’artistes et d’architectes ; chacun à sa manière s’éloigne de son devenir artiste, de son devenir architecte. »

Pour cette première exposition il a doublement collaboré avec les autres FRAC en décidant d’emprunter une œuvre dans chacune des collections des 22 autres fonds , sélection complétée par des œuvres d’artistes africains invités. Par ailleurs l’opération se fait en lien avec une programmation nationale dans trois lieux à la Maison de l’architecture de Normandie sont présentées des utopies architecturales : « Limites à l’infini », le Frac Languedoc- Roussillon, accueille une monographie de Superstudio le groupe italien actif dans les années 1960-1970. Au Frac PACA, une sélection d’œuvres vidéo donne à voir les Traversées urbaines.

Comme on peut s’y attendre on trouve de nombreuses maquettes de projets architecturaux appartenant à la collection permanente installées pour dessiner un skyline urbain. Gaetano Pesce, avec son Projet de restructuration d’une villa de la fin de l’époque romantique, 1973 reconstitue le décor accidenté de sa bâtisse en rendant l’intérieur inhabitable.

S’il est une pratique qui permet de trouver sa distance à la ville c’est bien la photographie. De nombreux auteurs américains s’y sont consacrés. Dans l’exposition on peut voir leur progression come un lent zoom arrière depuis le plan très serré d’une vitrine de Lee Friedlander en passant par des vues d’intérieur plongeantes chez Bill Owens jusqu’à des plans plus généraux restant à l’échelle humaine chez Karin Apollonia Müller extension du cadre poursuivi par les plans aériens d’Alex S. McLean. L’école coloriste européenne se montre plus liée à la représentation peinte avec un trompe-l’œil de Luigi Ghirri ou une recherche de forme tableau dans les architectures urbaines de Stéphane Couturier.

Ce médium est aussi réapproprié par des architectes ou plasticien. Stefano Arienti (1961) dans son installation, Canal Grande, a reconstitué le panorama du plus célèbre canal vénitien à partir de cartes postales arrangées en leporello. Not Vital imagine des maisons-sculptures pour pays en voie de développement qu’il matérialise grâce à ses clichés, pour celles du Niger leur destination spécifique est indiquée dans ses titres : House to Watch the Sunset,2005
, House Against Heat and Sandstorms, 2006, House to Watch the Night Skies, 2006. Luca Galofaro (1965) construit son Atlas of Imagination, par des photomontages réalisés sur papier journal qu’il imprime sur verre. Ses visions fictives d’édifices augmentés sont installés à la perpendiculaire des cimaises pour laisser lisible leur transparence.

Les pratiques mixtes y sont nombreuses depuis une sculpture installée de Myriam Mechita Territoires rêvés, 2008 , composée de briques noires de lego jusqu’à une installation à taille humaine, faite de bandes de papier formant un labyrinthe à expérimenter par le spectateur invité à l’investir que Gianni Pettena, intitule Paper/Midwestern Ocean, 1971.

En vidéo le plasticien belge Hans Op de Beeck (1969) scénarise en dessins dans Gardens of Loss, 2004
 des mondes anciens faits de fontaines sombres, de constructions mystérieuses parmi des bosquets obscurs qui annoncent les tragiques événements marquant le XXe siècle. Dans une visée plus engagée Bouchra Khalili (1975) explore les géographies réelles et imaginaires, produites par l’histoire coloniale et post-coloniale et modifiées par les flux migratoires contemporains. Straight Stories Part II : Anya, 2008 confronte avec une réelle sensibilité les découpages normatifs des territoires aux parcours individuels.

SPAN Agence d’architecture New-Yorkaise fondée par Matias del Campo et Sandra Maninger montre le plan aérien de Barcelona Recursion, 2010 comme un écosystème hybride et complexe, capable de s’adapter aux évolutions de son environnement, comme le ferait un organisme vivant. Ce lien aux biotechnologies est poussé à ses extrêmes conséquences dans Medium total, de Günther Domenig et Eilfried Huth. Cette sorte de conte imagine une architecture devenue un organisme biologique mutant qui s’apprête à quitter notre planète devenue invivable pour conserver un possible futur à l’humanité.

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