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THE PIGS, prix Voies off 2014 de lacritique.org, Carlos Spottorno

ITALY - 2010 : ruins in the old part of town. During the american invasion in WWII nearly 40.000 people lost their homes. Instead of restoring them, the local politicians, together with the mafia capos planned a speculative plan that kept the old ruins from being rebuilt. Instead, thousands of new concrete blocks were built in all the Golden Valley, surrounding Palermo. The operation lasted until early 80's, and was called "Il sacco di Palermo". Today they are slowly restoring the Old part of Palermo, but living among the ruins has become some sort of lifestyle.
ITALY - 2010 : ruins in the old part of town. During the american invasion in WWII nearly 40.000 people lost their homes. Instead of restoring them, the local politicians, together with the mafia capos planned a speculative plan that kept the old ruins from being rebuilt. Instead, thousands of new concrete blocks were built in all the Golden Valley, surrounding Palermo. The operation lasted until early 80’s, and was called "Il sacco di Palermo". Today they are slowly restoring the Old part of Palermo, but living among the ruins has become some sort of lifestyle.
THE PIGS, prix Voies off 2014 de lacritique.org, Carlos Spottorno
Le lauréat du Prix Voies Off 2014 attribué par la revue en ligne lacritique.org est un jeune photographe, Carlos Spottorno, dont le projet « the pigs » a retenu toute l’attention des membres du jury de par la cohérence et la qualité du propos dans son ensemble, au milieu des autres propositions.

Voir en ligne : www.thepigs.eu

Sous cet acronyme inventé par des économistes anglo-saxons se cache un des derniers concepts politiques du système capitaliste dominant actuel, la finance pour la finance. PIGS, cochon en anglais, définit quatre pays du sud de l’Europe : Portugal (P), Italie (I), Grèce (G) et Espagne (S) avec les initiales des pays en anglais (entre parenthèse). Cette qualification péjorative par la création d’une terminologie peu flatteuse sert les intérêts des économies dominantes en disqualifiant les pays méditerranéens européens. Les économistes anglo-saxons tenant des agences mondiales de notation, pénalisent ces pays en les déclassant et en les humiliant par de tels concepts. La guerre économique se mène aussi par les mots. Les mots créent des nuages de fumée.

Carlos Spottorno photographie la réalité de la crise dans ces quatre pays qualifiés de PIGS avec humour noir et lucidité critique. Il dénonce une économie mondiale qui tue toute dimension politique démocratique comme l’ont vécu et le vivent ces pays. La Grèce est sans doute le pays le plus touché par la Crise : les mouvements populaires de revendications contre la main mise de la finance sur le peuple ne cessent de se développer. Berceau de la démocratie, la Grèce meurt par l’économie, comble des civilisations !

Carlos Spottorno dénonce l’absurdité du système économique globalisé dominant actuel par la force des images prises dans ces pays en crise, dont la crise nourrit encore plus la finance des nantis (banques et firmes internationales etc). Il suffit de regarder les photographies prises en Espagne pour comprendre très rapidement l’impact néfaste de la bulle spéculative immobilière. « Quand le batiment va, tout va », vieux schéma du XIXe siècle, malheureusement utilisé « à tout va » par des financiers sans scrupules et amenant à la faillite des entreprises, au chômage de nombreux travailleurs… et poussant l’Espagne au bord du précipice. Un précipice construit de toute pièces par les économistes. Le feu est éteint par les pyromanes : les crédits accordés à ces pays par les banques, le FMI et autres instances mondiales financières souveraines permettent d’engranger d’autres profits sans labeur… et surtout ne pas éteindre le feu trop vite mais toujours maintenir le foyer. L’art est le révélateur de son temps. Les artistes ont un rôle dans les prises de consciences planétaires.

Le projet de Carlos Spottorno s’inscrit dans cette optique avec la qualité des photographies sélectionnées permettant un contre feu à la doxa libérale meurtrière. « Tout est politique », Gehrard Steidl, l’imprimeur éditeur de Gottingen ou de « Steidlville » a toujours cette devise sur sa chaise de travail, provenant de son père ouvrier et la faisant sienne. Cette devise semble appartenir à un autre monde, car « tout est économique » de nos jours, au XXI è siècle. Et il apparait difficile de résister au travail de sape du rouleau compresseur de la finance qui veut s’accaparer la Planète entière pour 10 % de nantis toujours encore plus riches et 90% de travailleurs enclins à la chute. Peut-être, la résistance des petites gens, comme en Italie où le linge sèche au milieu de la désolation de gravats en est le symbole, reste que tant que l’humain est debout, le devenir de l’homme grâce à sa modeste condition de mortel, continuera à trouver des moments de petits bonheurs à l’ère de l’anthropocene.

Si la note d’espoir est difficile à percevoir dans les photographie du projet « the pigs », le noir est bien la couleur de ce projet, la dénonciation souvent colorée, est très forte et permet de répondre par un projet artistique à la volonté des économistes anglo-saxons perdus dans leur analyse pseudo scientifique, au service de la Finance. Si à l’heure actuelle le vieux proverbe « il n’y a pas de fumée sans feux » n’a plus de valeur comme la fumée existe en permanence sans feux (il suffit d’écouter les discours d’intentions des politiques qui sont souvent à la remarque de l’économie, loin des réalités) Carlos Spottorno affirme que le feu existe bien, son reportage sur la misère dans le Sud de l’Europe, produit par la crise, dans les quatre pays baptisés de manière humiliantes « the PIGS », en est la preuve démonstrative par excellence. Un musée des photobooks ouvre ses portes le 18 aout 2014 à Cologne (Allemagne) sur l’initiative d’une équipe menée par Markus Schaden, et dans les projets sélectionnés y figure en bonne place « the Pigs ».

Le projet PIGS se matérialise dans une publication qui reprend les codes graphiques et la maquette de « The Economist », avec une excellente publicité au dos de la publication d’une banque WTF BANK : www.wtbank.com.

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