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Rome Art Contemporain , la domination du MAXXI

Cotognini Kronos e Kairos
Cotognini Kronos e Kairos
Rome Art Contemporain , la domination du MAXXI
Un séjour un peu long à Rome peut donner envie de contrebalancer la fabuleuse richesse historique des églises, des palais, des sites archéologiques par quelques découvertes de l’art contemporain aujourd’hui dans la ville éternelle. Untitled association Roma art to date publie un calendrier saisonnier de ces activités qui recensent tous les lieux, y compris patrimoniaux qui présentent la création actuelle. Celle ci se consacre majoritairement à des artistes italiens et à quelques vedettes internationales. Les galeries et fondations sont nombreuses et bien réparties géographiquement dans les principaux quartiers.

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En cette fin d’été 2019 beaucoup de ces galeries présentaient des expositions de groupe avec principalement des artistes locaux. La Fondation Giuliani accueillait les installations multimédia de Francesco Vezzoli toujours engagé avec PARTY POLITICS, sous titrée The Entertainments of Politics, the Politics of Entertainments. La galerie Gagosian venait de finir un accrochage d’Helen Frankenthaler Sea Change : A décade of pantings 1974- 1983 en attendant les sculptures et dessins d’Huma Bhabha sous l’intitulé The Company . Dans la même rue la Galleria d’Arte Moderna, sous gestion municipale, offre une manifestation au titre prometteur : Femmes. Corps et imaginaires entre symbole et révolution. Elle ne regroupe que des oeuvres modernistes de qualité autour de thématiques très généralistes sur la femme, qui se termine par une salle bien documentée sur les premières luttes féministes des années 70. La galerie présente aussi deux sculpteurs rassemblés autour du thème Interrelation qui s’appuie sur des oeuvres historiques mises en synergie par des installations reposant sur des liens matérialisés physiquement par des fils ou des découpes de formes en carton. Susanne Kessler née en 1955 à Wuppertal et Paolo Bielli né en 1963 à Rome ont en commun de mettre en situation des figures sculptées représentant des stéréotypes de genre, l’homme fort pour la première et une femme idéalisée pour le second, dont ils détournent les caractéristiques par des éléments plus formalistes.

La scénographie de la Galleria d’Arte Moderna et Contemporanea di Roma s’appuie elle aussi sur une approche non chronologique des oeuvres mais par des rapprochements formels et thématiques d’oeuvres de différentes époques y compris antiques et actuelles. Cela donne souvent lieu à des relectures fort intéressantes. Une peinture historique de bataille est ainsi rapprochée des tirages de l’iranien Gohar Dashti Today’s Life and War. Cette exposition a le mérite de présenter des oeuvres aussi différentes que celles de Craigie Horsfield et ses portraits ou Sam Taylor-wood et ses performances avec les dépouilles animales de Berlinde de Bruyckere. Un artiste très bien représenté est le performer belge Jan Vercruysse. Andrea Mastrovito dans son installation colorée Very Bad Things sur les vitres du bâtiment opère un simulacre de vitraux actuels fait de règles d’écoliers mises en couleurs vives. Cette polychromie lumineuse aux formes actuelles accueille le visiteur dans une vision de proximité.Une exposition personnelle est consacrée à Giuseppe Uncini qui crée ses structures avec des matériaux de construction, pierre et métal principalement, qui peuvent évoluer d’une peinture matérialisée à d’imposantes sculptures.

L’exposition Kronos e Kairos, accueille quant à elle 15 œuvres d’autant artistes italiens et internationaux dans les espaces monumentaux du Palatin, le parc archéologique du Colisée, jusqu’au 3 novembre. Elle oppose Kronos le temps qui passe au Kairos le bon moment, celui où quelque chose de spécial arrive, entre le temps comme quantité, Kronos, et le temps comme qualité, Kairos. Les thèmes abordés par le commissaire concernent l’équilibre, la relation entre l’histoire et la nature, la mémoire et la sédimentation, ainsi que le vieillissement et la conservation. Parmi les artistes italiens nous découvrons Catherine Biocca et sa Sad Symphony qui génère d’autres approches d’éléments du paysage, Fabrizio Cotognini et sesfigures baroques remises en situation, ou Rä di Martino qui crée ses photos et vidéos en corps et figures humaines ; on retrouve aussi Giuseppe Gabellone représenté par la Galerie Art concept qui mélange photographie, sculpture et bas relief. Pour les autres pays on s’intéresse à la danoise Nina Beier dans sa mise en relation d’éléments du quotidien, à l’espagnole Cristina Lucas qui pratique performance, happenings et video ou à l’autrichien Oliver Laric engagé dans des travaux multimédia sur le thème des cultures pop. Les plus connus de cette programmation sont Matt Mullican qui poursuit ses interrogations sur les perceptions et les réalités et Hans Op De Beeck dont les sculptures et installations questionnent notre rapport à la nature.

L’une des déceptions de cette situation actuelle est celle du MACRO qui depuis qu’il a ouvert une succursale en banlieue ne propose dans son bâtiment du centre ville qu’un accrochage très minimal , sans propos thématique ou théorique affirmé. De ce fait le MAXXI, Musée National des Arts du XXI ème siècle, apparait comme la principale ressource romaine d’art contemporain. A l’accueil de ses locaux les nouvelles acquisitions de la collection permanente voient le dialogue de la sculpture de néons de Monica Bonvicini avec le personnage en action de Yinka Shonibare. On peut aussi apprécier les subtiles aquarelles d’Hans Op De Beeck que l’on trouve In silent conversation with Corregio. Un ensemble très cohérent est aussi consacré à la photographe Elisabetta Catalano dans ses créations avec les performers des années 70 Fabbio Mauri, Cesare Tacchi, Vettor Pisani et Joseph Beuys. Chaque collaboration est illustrée par un choix de tirages significatifs, accompagné d’un texte de clarification de l’intervention et d’une planche contact agrandie qui montre le work in progress pour ces fortes images performatives.

Le MAXXI réserve enfin la majorité de ses locaux à une rétrospective de l’oeuvre protéiforme de la sarde Maria Lai (1919-2003) : vu l’importance de cette découverte nous lui consacrons une étude propreau sujet de ses Voyages tissés au quotidien.

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