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Zones de Productivités Concertées / Mode d’emploi

Zones de Productivités Concert

Pascal Pinaud, vue de l’exposition Plates-formes, MAC/VAL, 2007 © photo Marc Domage/MAC/VAL. A gauche Colonne de fluos (06A04), mars-avril 2006. Courtesy galerie Nathalie Obadia Paris. A droite Tel quel (03A13), septembre-octobre 2003.
Zones de Productivités Concertées est le titre générique de l’ensemble de la proposition de Frank Lamy qui se déroulent au MAC/VAL en trois volets de 4 mois chacun de la rentrée 2006 à août 2007

Le principe d’exposition de ZPC / de l’exposition monographique à l’exposition de groupe

Au total, 21 artistes présentent leurs oeuvres sous la forme de monographie pensée au sein d’une exposition collective. Ainsi, il est tout à la fois possible pour le spectateur d’envisager une lecture isolée des oeuvres tout en les mettant en liens, en ramifications formant ainsi une possibilité de construire des rencontres, de composer des lectures provoquant des tensions visuelles, des points de vues, des disjonctions, des fractures, des bavardages, tout comme des silences.

Ce parti pris se retrouve dans la politique éditoriale puisque chaque artiste bénéficie d’un catalogue personnel dont on soulignera la pertinence des textes introductifs écrits par l’équipe des chargés des publics ; une première en France de voir confier la présentation critique à celles et ceux qui animent la vie quotidienne de l’institution. Suivra en fin de parcours des trois temps d’exposition une publication, synthèse visuelle et sémantique de cette aventure notamment par l’inscription des réflexions menées par l’économiste Fabrice Tricou, accompagnateur décalé et scrutateur des oeuvres.

De l’économie, à la production, au travail, de la consommation, au recyclage, à l’échange, ici au MAC/VAL

La proposition de Frank Lamy est ambitieuse tant dans sa mise en oeuvre d’exposition à double caractère entre la collective et la personnelle, que par le fait de s’attacher à bâtir une problématique ouverte sur les liens complexes et souvent contradictoires qui se tissent entre art et économie. Le fait que cette question soit abordée au MAC/VAL, dans ce musée, n’est certainement pas le fruit d’un hasard et n’est pas sans honorer l’histoire récente de la genèse de cette institution à valeur également patrimoniale. Naît, en effet, de la volonté politique du Conseil Général du 94, au début des années 80, elle a été d’abord fondée et articulée sur la constitution d’une collection d’art contemporain selon les choix du critique d’art Raoul-Jean Moulin, collaborateur à l’Humanité. On comprendra aisément que dans le contexte de l’idéologie du PCF, de son engagement en faveur du monde ouvrier qui se lit, en particulier, dans ce département stigmatisé par un passé industriel, l’élaboration du premier fonds s’est formalisée sur un parti pris fort, au travers des artistes de la figuration critique, narrative ou encore supports/surfaces. Si la posture de l’engagement politique de l’artiste s’était concrètement posée - avec des perspectives différentes - dans le contexte social et politique de la décennie 60-70, aujourd’hui, un an après l’ouverture de ce musée, dans un contexte d’élection nationale, mettre en circulation un questionnement autour de l’art et de l’économie pose aussi et fondamentalement le rôle et la place de l’artiste, ses modalités de production, sa capacité à regarder le monde, à s’y mesurer, à se positionner et à se projeter dans un avenir que l’on sent indéterminé...

Ainsi l’action politique s’est, peu à peu, déplacée vers celle de l’économie dans la construction et la validation d’un modèle social.

En d’autres termes, peut-on encore croire au seul levier d’une idéologie politique dont on sait, aujourd’hui, concrètement qu’elle n’a de vérité que parce qu’elle se rattache à un modèle économique « Ou encore qu’en est-il de la pertinence du débat politique inscrit dans une logique nationale face aux flux, aux échanges à l’échelle mondiale »

C’est pourquoi, engager une lecture qui construit des liens plus ou moins tendus et visibles entre art et économie se rattache à la fois à une perspective historique depuis que l’artiste est devenu à la renaissance un acteur inscrit directement dans la sphère publique et participe également de réflexions actuelles qui cherchent à détecter, à cerner les modes de travail de l’artiste, les sources de réflexions matérielles et conceptuelles qui le placent peut-être en avant poste, en avant pont d’un modèle de fonctionnement social.

Un regard décalé, des pas de côté...

Aussi, il ne s’agit pas d’une exposition à sujet, illustrant le propos présupposé du commissaire Frank Lamy : pas d’engagement frontal dans des polémiques politiques, pas de formes de dénonciations d’un système économique de type néo-libéral, pas de revendications altermondialiste... car, comme l’écrit Frank Lamy, il s’agit de poser » une hypothèse de travail (...) : que se passe-t-il, si dans la relation analytique et critique aux oeuvres, est opéré un pas de coté ? « Comme l’a justement souligné Jean-Marc Huitorel, » compagnon critique « pendant ses trois expositions, d’autres artistes, plus évidents, auraient pu être convoqués pour cette programmation mais l’enjeu qui relève de ce état d’esprit, n’est évidemment pas celui d’un inventaire exhaustif des artistes qui ont comme préoccupation centrale l’économie.

La notion d’économie est donc envisagée de façon large, décalée, déplacée, en dehors des évidences. Les oeuvres ne sont pas bavardes, il faut aller les chercher, les interroger réellement et prendre le temps d’un regard. Les pratiques des artistes sont volontairement diversifiées, polysémiques, démontrant aussi les richesses plastiques de chacun : peinture, installation, vidéo, photographie, action, sculpture...sans a priori de médium. Frank Lamy affirme la présence des oeuvres et ne se limite pas dans une seule esthétique ou famille d’artistes. Les générations se croisent car la question de l’économie s’envisage de façon plus ou moins centrale en fonction des artistes : de la question de l’atelier, lieu de production, à la relation de l’artiste et du collectionneur, de la question du recyclage, à la transformation, de l’usage de l’image en passant par la question de la fabrication de l’oeuvre ou encore la notion d’avoir et d’être au discours du management sans oublier le travail, décalé de ses représentations habituelles...

Une histoire à suivre... et une lecture de l’ensemble de la programmation ZPC, à partir de juin 2007.

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++INFO++
  • MAC/VAL Musée d’Art Contemporain du Val de Marne

Place de la Libération 944000 Vitry-sur-Seine Tél : +33(0)1 43 91 64 20 Fax : +33(0)1 43 91 64 30

www.macval.fr

  • Zones de Productivités Concertées

Volet 1

Daniel Chust Peters - Nicolas Floc’h - Sheena Macrae - Jonathan Monk - François Paire - Claude Rutault 13 octobre 2006 au 14 janvier 2007

Volet 2

Homo Economicus

Sandy Amerio - Alain Bernardini - Raphaël Boccanfuso - Daniel Firman - Elodie Lesourd - Pascal Pinaud 8 février au 29 avril 2007

Volet 3

Françis Baudevin - Serge Lhermitte - Arnaud Maguet - Pierre Petit - Jérôme -Loubert-Bié - Simon Starling - Stefan Shankland - Tatiana Trouvé (vernissage le samedi 19 mai » Nuit des musées « 20 mai au 19 août 2007

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