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Vive Fantomas

Vive Fantomas

Lorsqu’on entend Vive Fantomas, on pense immédiatement au film ou Louis de Funès incarne le commissaire Juve à la recherche de Fantômas (incarné par Jean Marais), personnage mystérieux qui commet des vols et des crimes dans la capitale. Le personnage créée en 1926 par Pierre Souvestre et Marcel Allain se déclinera en plus de quarante livres à l’image des Martines ou plus récemment des Bronzés. La méthode de Fantômas consiste à utiliser des masques pour commettre ses méfaits. Il prend ainsi diverses identités dont celles de ses bourreaux.

Le livre richement illustré de photographie en plein pages s’attachent sur les peintures du jeunes artistes berlinois (35 ans) des années 2001 à 2004. Jonathan Messe aussi bien dans ses performances (dernièrement à la réouverture du Centre National d’Art Contemporain de Grenoble) que dans se œuvres picturales multiplie les références cinématographiques, mythologiques et historiques formant un panthéon improbable de personnages archétypaux. Pratiquant un art inclassable, à la fois violent, expressionniste, brute, avec une pseudo-forme d’extrémisme.

Lorsque Richard Leydier essaie de trouver une ascendance allemande à la peinture de Jonathan Messe, ce dernier réfute totalement ce mode de comparaison, mais plus, réfute par goût de provocation et de malice les nombreuses questions du journaliste. Complété par le texte de Jean-Charles Vergne, on comprend mieux ses peintures aux prises avec la question de l’identité. Il mixe les références et les mythes de l’âme allemande : aussi variées que Caligula, Nietzsche, Wagner, Mishima, Mao& Les toiles de Jonathan Messe sont recouvertes d’épaisses couches de peinture à l’huile, elles mêlent dans des compositions chaotiques et flamboyantes, toutes sortes de langages inquiétants Fasciné par les autoportraits, il se représente souvent sous les traits déformés de héros réels ou fictifs créant une étrange mythologie autour de son propre personnage. Les identités hybrides créées se déploient aussi bien du côté des dictateurs, des super héros, des mythes historiques ou littéraires que du cinéma. Jonathan Messe essaie ainsi de réaliser ce qu’il nomme « des peintures de l’Etat » qui accumulent symboles du pouvoir ( croix allemandes, symboles égyptiens...) et développe ainsi une réflexion sur la puissance, l’individu, et la possibilité de régénérescence par la peinture.

Vive Fantomas

  • par Jean-Charles Vergne (extrait)
 ? L’omniprésence d’un langage codé, de références multiples au cinéma des années 60, de symboles archaïques issus de diverses mythologies, le surenchère de personnages archétypaux qui peuplent ses œuvres et, surtout, l’extrême violence formelle qu’il déploie dans toutes ses réalisations contribuent depuis quelques années à rendre difficilement classable cette œuvre, sinon en l’assimilant, de manière totalement réductrice et galvaudée, à un ensemble de postures au sein desquelles se mêleraient expressionnisme, mythologie personnelle, post-modernisme, actionnisme, sans jamais pour autant parvenir à cerner le cas Meese et d’une œuvre qui jette au visage de son contemplateur les images saturées, les réalités complexes et les spasmes dévastateurs d’un monde en déréliction. ?

(Texte publié avec l’aimable autorisation du Frac Auvergne . Tous droits réservés)

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++INFO++
Titre : Vive Fantomas Auteurs : Richard Leydier, Jean-Charles Vergne Éditeur : Frac Auvergne, Clermont-Ferrand Année : 2005 Langues : français, anglais ISBN : 2-913323-97-9
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