Le livre richement illustré de photographie en plein pages s’attachent sur les peintures du jeunes artistes berlinois (35 ans) des années 2001 à 2004. Jonathan Messe aussi bien dans ses performances (dernièrement à la réouverture du Centre National d’Art Contemporain de Grenoble) que dans se œuvres picturales multiplie les références cinématographiques, mythologiques et historiques formant un panthéon improbable de personnages archétypaux. Pratiquant un art inclassable, à la fois violent, expressionniste, brute, avec une pseudo-forme d’extrémisme.
Lorsque Richard Leydier essaie de trouver une ascendance allemande à la peinture de Jonathan Messe, ce dernier réfute totalement ce mode de comparaison, mais plus, réfute par goût de provocation et de malice les nombreuses questions du journaliste. Complété par le texte de Jean-Charles Vergne, on comprend mieux ses peintures aux prises avec la question de l’identité. Il mixe les références et les mythes de l’âme allemande : aussi variées que Caligula, Nietzsche, Wagner, Mishima, Mao& Les toiles de Jonathan Messe sont recouvertes d’épaisses couches de peinture à l’huile, elles mêlent dans des compositions chaotiques et flamboyantes, toutes sortes de langages inquiétants Fasciné par les autoportraits, il se représente souvent sous les traits déformés de héros réels ou fictifs créant une étrange mythologie autour de son propre personnage. Les identités hybrides créées se déploient aussi bien du côté des dictateurs, des super héros, des mythes historiques ou littéraires que du cinéma. Jonathan Messe essaie ainsi de réaliser ce qu’il nomme « des peintures de l’Etat » qui accumulent symboles du pouvoir ( croix allemandes, symboles égyptiens...) et développe ainsi une réflexion sur la puissance, l’individu, et la possibilité de régénérescence par la peinture.
(Texte publié avec l’aimable autorisation du Frac Auvergne . Tous droits réservés)
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