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Une cartographie du techno-art, le champ du non-symbolique

Un essai de Vincenzo Cuomo

Une cartographie du techno-art
Une cartographie du techno-art
A fur et à mesure que nous avançons, pour le meilleur et pour le pire dans le XXI° siècle, c’est un autre paysage que dessine le XX° siècle qui s’éloigne : cela nous semble particulièrement vrai quant aux programmes de recherche artistiques des dernières décennies qu’analyse Vincenzo Cuomo dans sa Cartographie du techno-art.

Voir en ligne : https://www.editions-harmattan.fr/i...

Dans la mesure où ils échappent pour la plupart aux catégories de « l’expression » et de « la sublimation », les cinq champs d’expérimentation artistique qu’il décrit ( la cruauté, la métamorphose, la sensation, l’hybridation et le vide ), peuvent être interprétés comme autant de « preuves de l’émergence d’un champ du non symbolique » à partir des années soixante dans l’art, qui vient en miroir des mutations psycho-sociales, technologiques et médiales des formes de vie qu’analysent Deleuze et Guattari, Lyotard ou Baudrillard – en écho à la narcose médiale mise en évidence au même moment par Mac Luhan.

Cela lui permet de repenser, en particulier, le paradigme de la « contemplation » et celui de « l’immersion » tout autrement. Et c’est ce sens que le livre de Vincenzo Cuomo fait exception : la temporalité dans laquelle il s’inscrit ne prend pas les choses par le petit bout de la lorgnette des pré ou des post avant-gardes : il dilate le temps bien au delà de cette périodisation précipitée, et l’ouvre au contraire en direction de ces processus anthropogéniques fondamentaux que sont la compulsion de répétition (à partir de Christophe Turcke) et la gâterie (avec Peter Sloterdijk).

La compulsion de répétition, c’est l’art immémorial du contrôle de la terreur par sa fixation même sous sa forme ritualisée ou figurée (et la photographie constitue dans ce processus un moment décisif : selon la formule, à la fois benjaminienne et barthésienne de Cuomo “elle est un indice qui intensifie le réel”). Quant à la gâterie, comme forme originaire de l’altérité sous l’aspect du liquide placentaire, elle est une clef de lecture passionnante pour l’étude des œuvres immersives.

Mais Cuomo n’est pas naïf, et c’est en ce sens que son livre apporte un éclairage très original sur le contemporain : on n’en finit jamais avec le symbolique (le sacré, le religieux, etc.). Mieux : le symbolique n’est authentiquement tel que s’il est traversé par sa propre crise, par son impossibilité, comme le montrent, de manière novatrice (et après, les grandes œuvres-limites de la modernité littéraire et artistique), certaines des expériences artistiques décrites ici.

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++INFO++
"Une cartographie du techno-art" de Vincenzo CUOMO Edition L’harmattan Collection EIDOS Série ART Automne 2019 ISBN 978-2-343- 17902-5 12 euros

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