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Taille humaine et engagements images pour Yia

Galerie Escougnou-Cetraro
Galerie Escougnou-Cetraro
Yia Art Fair fondée en 2010, dirigée par Romain Tichit et depuis cette année Mario Zilio continue d’affirmer la présence de galeries d’une réelle exigence (une soixantaine) défendant des artistes émergents réunies pour cette 7ième édition au Carreau du Temple. Son programme est complété par des partenariats menés hors les murs en synergie avec des institutions culturelles du Marais.

Voir en ligne : yia-artfair.com/

Un certain nombre de galeries d’Afrique du Nord sont invitées sur les cimaises donnant sur les trois rues adjacentes au bâtiment. On y retrouve avec plaisir d’autres œuvres d’artistes présentes à L’iris de Lucy de Rochechouart comme la marocaine Safaa Erruas Ou la tunisienne Fatima Mazmouz, interprète de Super Oum.

En peinture on peut apprécier chez Nosbaum Redding (Luxembourg) les figures féminines repliées sur elles-mêmes de Yoshitaka Amano comme échappées aux dangers d’un manga. La série Salle d’attente de Bénédicte Pontet se compose de grands (auto)portraits et d’une installation de petites toiles disposées au carreau et prolongées par des instruments médicaux. Leur facture post Lucian Freund nous incite à un regard empathique face à cette lutte pour la vie.

Plus abstrait un travail d’une grande minutie est mené par Jérémie Delhomme (galerie Xenon Bordeaux) qui aboutit par la manipulation d’encre de papier carbone à produire des résultats proche d’un dessin d’une réelle finesse.

Si beaucoup de stands jouent la saturation l’un des plus harmonieux reste celui d’Escougnou-Cetraro bien qu’accueillant les œuvres de plusieurs artistes, réunis sous la bannière Alchemists : rebirth of a tragedy Laura Porter, Andrès Ramirez et Florian Sumi explorent des formes diverses entre organique et technologique . De même Lhoste Contemporain (Arles) propose une confrontation de travaux dont les exigences éthiques ne nuisent pas à une mise en forme d’une réelle puissance. Reeve Schumacher Donne une version très épurée (comme la vision d’un oiseau !) du 11 septembre tandis que Julien Lombardi questionne le tourisme de l’égo en Egypte et queBrandon Opalka réactive des images où le photo-reportage et le cliché intime entrent en collision.

La galerie Mansart (Paris) introduit une installation d’Ekaterina Vasilyeva qui rend compte de sa performance Augenmusik réalisée à Paris en juin dernier, elle a diffusé en Russie une autre performance Axe de Révolution, qui bien que se référant à la géométrie des planètes y a pris un tour politique du fait de la remise en cause des libertés individuelles. Sa marche vers un centre où les participants interprètent une partition commune a fait autrement résonner cette « musique pour les yeux ».

Alors que la photographie est peu présente à la FIAC en dehors de ses formes historiques ce sont ses multiples avatars contemporains qui dégagent ici leurs lignes de force, souvent en de féconds dialogues avec d’autres pratiques. Les collages recyclant des figures érotiques de l’américain Jon Davis (galerie 55 Bellechasse) se prêtent à d’amusantes provocations. Thom Puckey confronte ses sculptures hyperréalistes en marbre de Carrare avec des photographies noir et blanc, dans les deux cas le corps féminin y est mis en perspective avec la violence des armes et face à des rayons de lumière. Conscient de sa critique d’un réalisme esthétisant il considère ses sculptures comme autant d’images tridimensionnelles. Pia Rondé et Fabien Saleil avec les Ruines du Soleil sur un commissariat de Léa Bismuth mélangent apparition et dépouilles photographiques sur verre et céramique pour réactiver le surgissement sculptural de l’image.

Une des révélations nous est donnée à voir par la Galerie Anne de Villepoix, le solo show d’Hubert Marot, formé à la photo, fait dialoguer une portrait resserré fait d’émulsion liquide sur toile et des selles de scooter retravaillées qui évoquent des formes anthropomorphes de sculpture africaine.

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Jean-Claude Legouic

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