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Sentiments mêlés quant aux Rencontres d’Arles 2018

Adel Abdessemed
Adel Abdessemed
Une programmation resserrée, une volonté de structurer thématiquement les expositions, un sentiment globalement mitigé malgré des découvertes encore nombreuses, tel pourrait se définir un premier bilan des Rencontres d’Arles 2018.

Voir en ligne : https://www.rencontres-arles.com/

Regrets

Si vous visitez l’exposition Robert Frank, superbe, avant celle de Depardon vous pourrez constater combien les photos de ce dernier relèvent de ce que Roland Barthes dénonçait comme images unaires que l’on peut résumer en une phrase simple (sujet, verbe, complément).

Si vous avez aimé cette immense vidéaste que fut Pipilotti Rist vous n’avez pu qu’être consterné(e) par cette coûteuse scénographie numérique, simple arène à selfies : comme les installations de Yahoi Kusama restent plus déroutantes.

Quel dommage de gâcher le si bon sujet de Gregor Sailer , ces maisons-façades cache-misères, par une scénographie lourdingue : immenses dos bleus collés sur d’énormes cimaises.

Statut Quo

Comme ils restent toujours drôles et bien éclairés dans leur patience du studio les braques de William Wegman. Circulez il y a trop à voir.

Bel accompagnement des éditeurs aussi bien pour Cosmos Arles Books, le prix du livre que pour le plus classique mais toujours créatif Summertime.

La reconnaissance institutionnelle du Work in Progress des étudiants ne leur accorde qu’une petite maison biscornue, qu’ils occupent avec une vraie intelligence collective. Trois diplômés recueillent Une attention particulière où nous saluerons l’installation du travail mémoriel de Prune Phi.

Des commissaires qui comptent

Comment ré-installer des œuvres photographiques que tout le monde connaît en leur redonnant vie nouvelle dans un espace d’exposition, bonheur de revoir Paul Graham dans un commissariat de Christopher Mac Call.

Autre commissariat réussi, celui de Bernadette Caille pour « 1968, quelle histoire ». Pas d’hommage larmoyant, de vrais documents, ceux de la préfecture de police, les couv du Nouvel Obs et en contrepoint deux petits Gérard Fromanger. Efficace.

Gilbert and George le savoir faire Luma associé au commissariat de Hans Ulrich Obrist et Daniel Birnbaum pour une rétrospective impressionnante, monumentale, où à côté des provocations pleines de drôlerie des séries plus politiques privilégient textes et slogans.

Des découvertes

Christophe Loiseau et ses portraits de détenus négociés avec chacun d’entre eux, utile et respectueux.

Fructueux dialogue luxembourgeois entre Pasha Rafiy ses bad news contrariées par les puissantes photos sculptures de Laurianne Bixhain.

Dans la petite chapelle de la Madeleine rouverte récemment Pia Rondé et Fabien Saleil installent leur cérémonial de la Topophilie des cendres, lumineux.

Une scène engagée pour Une colonne de fumée réunit une quinzaine de photographes turcs. Ce qu’il fallait (dé)montrer d’un pays déchiré.

Comment rester palestinien en exil aux pays de Trump ? Sam Stourdé invite Taysir Batniji pour nous conter ses histoires de famille de Gaza to Amereica.

Le prix Découvertes porte toujours bien son nom, on retrouve la suissesse Anne Golaz, on apprécie les recherches technologiques de Monica Alcazar-Duarte, et les séries de Thomas Hauser ;Paulieen Oltheten est récompensé mais il faut saluer aussi l’iranien Ali Mobasser et son cœur géant dont l’ombre semble jaunir les contacts des tirages paternels.

Trois must

Adel Abdessemed questionne Le principe de plaisir dans des mises en scène images dont la légende contribue à augmenter la force d’attraction. Le rapport à l’animalité s’y trouve aussi mis en question par des sculptures. Une seule œuvre résumerait l’impact émotionnel de la série, la mère de l’artiste le portant dans une rue banale, comme une anti-descente de croix .

Le devenir humain se trouve interrogée d’abord par la toujours fructueuse collaboration entre l’Inserm et l’ENSP encore particulièrement réussie cette 8e année grâce à l’accompagnement de Yannick Vernet. Mathieu Gafsou prolonge nos angoisses des limites de l’humain et de leur transgression technologique par un travail où le documentaire flirte avec les fictions .

Ces impressions mêlées seront complétées par un article où partenaires du in et du off développent de nouvelles formes d’engagements documentaires, critiques, fictionnels ou archivistes.

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Scènes de la vie ordinaire Vincent Cordebard


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