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Salo IV, de l’érotisme contre toutes les réactions

Elisabeth Saint Jalmes
Elisabeth Saint Jalmes
Cette quatrième édition du salon du dessin érotique s’est tenue ce week end à l’initiative des Salaisons sur un commissariat de Laurent Quéhénen. Comme il le revendique : « Dans une époque qui s’est refroidie violemment ce qui aurait pu paraitre suranné il y a quelques années, en l’occurrence un salon du dessin érotique, est devenu pertinent, civique. » Ce sont les adhérents des Salaisons, des collectionneurs, des artistes, qui soutiennent cette expérience autonome et ont permis l’organisation de cet événement.

Les artistes femmes y sont les mieux représentées. L’ensemble des artistes restent à l’écoute du monde qu’ils abordent dans des esthétiques très diverses. On y trouve des productions proches de l’art brut, et même des dessins d’enfant récupérés par le commissaire dans les après récréations. Gravés sur os par Julie Dalmon les fins traits dessinés évoquent la violence bovine des rapports sexués. Ils peuvent se faire plus évocatifs avec les encres carmin d’Elisabeth Saint-Jalmes. L’érotisme se cale aussi dans la finesse d’un trait d’un Marcus Kreiss qui aime saisir le déhanché d’une attitude prometteuse. Comme le parrain attendu de cette manifestation un dessin approximatif de Paul-Armand Gette montre l’émotion devant le sexe de l’autre offert au regard, à la saisie de la main ou du dessin.

Trois artistes qui ont souvent travaillé ensemble sortent vraiment de cette sélection très professionnelle dans l’ensemble.

Camille Moravia mène des actions sur les réseaux sociaux pour affirmer sa liberté bisexuelle, et jouer de tendres provocations d’où l’humour n’est pas absent. Pour le salon elle a choisi un collage de mots hey cowboy réalisé avec Leo Dorfner au centre duquel trône la majesté d’un cul, il dialogue avec trois petits dessins plus sombres, où le motif des corps qui s’embrasent sont noyés dans le caviardage d’une encre très sombre.

Alison Bignon qui s’est fait connaître pour ses performances visuelles où l’écriture joue toujours un rôle produit ici, avec Isadora, une œuvre mixte d’une réelle sensibilité.

Tamina Beausoleil pratique l’autoportrait photographique comme une critique en acte de l’inanité des selfies et des dessins de petits format qui font fusionner le corps sensuel, à fleur de peau et ses dimensions organiques, plus internes. On peut en retrouver des prémisses dans son ouvrage Femme louche etc, éditions Derrière la Salle de Bains 2015. L’érotisme s’y fait solaire, la jouissance y est approchée à de très petits traits qui tracent juste.

Pour conclure on ne peut que laisser de nouveau la parole à Laurent Quéhénen dont les propos positifs font contraste avec toutes les nouvelles réactionnaires qui endeuillent notre quotidien :

« En hommage à tous ceux qui ont contesté la pensée majoritaire et castratrice, on peut dire que la liberté de créer, d’aimer, l’érotisme, sont des forces de vies puissantes, inatteignables et ce sont les artistes présentés dans ce Salo IV qui sont peut-être déjà dans un avenir un peu plus sexy. »

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