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Paloma Navares

Paloma Navares

Paloma Navares est une des grandes figures européennes d’un art au féminin qui assume suffisamment la singularité de son univers pour faire l’économie d’un militantisme simpliste.

Comme beaucoup d’autres femmes artistes de sa génération elle a d’abord ancré son &oelig:uvre dans l’histoire de l’art par ses collages des années 80 développant un baroque en 2D. Dans la décennie suivante elle s’est à son tour posé la question qui a animé la fin du XXième siècle, le rapport à la science du vivant dans le développement du post-humain.Les réponses apportées ont combattu une froideur volontairement clinique de la présentation par la prolifération d’images et de productions issues du corps , le tout en un baroque contemporain de l’installation et de l’accumulation. Sans renier ces étapes au cours desquelles elle s’est approprié avec une réelle sensibilité un certain esprit d’époque elle affirme à l’Institut Cervantès, et au Château du Cayla grâce à un commissariat de Danielle Delouche du Château de Linardié,une veine plus poétique de son travail en lien à la nature et aux éléments. Après son inscription dans l’histoire de l’art puis dans celle des inquiétudes de son époque elle peut aborder avec plus de liberté le domaine de la sensation et du ressenti « l’âme blessée ».

Pour cela elle se situe en héritière d’une autre lignée constituée de quelques hommes (Paul Celan, Arthur Cravan,...) et d’un grand nombre de femmes (Emily Dickinsoin, Sylvia Plath, Alfonsina Storni, Virginia Woolf…), écrivains, poètes et auteures. Parmi elles son intérêt va vers celles qui ont signé leur &oelig:uvre d’une fin tragique, &oelig:uvre dont elle poursuit ici plastiquement l’action créatrice,s’en faisant la médiatrice et la dédicataire. Elle opère une traduction formelle de leurs écrits reportés à l’encre sur un support transparent, acquérant ainsi une sorte de vertu d’image dont elle renforce l’impact et la pérennité par l’insertion dans des objets. Il s’agit soit de moulages corporels en résine de polyester, têtes, mains et pieds, soit de galets polis par l’écume assemblés en tableaux ou organisés en rideaux. Le spremiers constituent l’héritage de ses &oelig:uvres précédentes, les secondes deviennent les tombeaux de ce corps morcelé ou la porte spirituelle vers un autre univers. La dernière série constituée d’images de fleurs de son jardin et de leurs pétales calligraphiés ornementent le tombeau. Ils constituent une version différente de cette écriture dédiée à la mémoire des « âmes blessées ». Avec une réelle économie de moyens elle poursuit ainsi la tradition d’un autre baroque, celui des tombeaux , du corps mis en blason, et des vanités que combat la mémoire de l’&oelig:uvre pérennisée.

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