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Mondo arte. Construire des mondes

Impressions de la 53e Biennale Internationale de Venise.

John Baldessari
John Baldessari
En choisissant le titre « Construire des mondes » Daniel Birnbaum, directeur artistique de la biennale, a voulu relever la dimension visionnaire de l’artiste à travers des œuvres historiques et actuelles aux expressions très variées. L’artiste, selon lui, réussit mieux que d’autres à ouvrir de nouveaux espaces et à faire plonger le spectateur dans d’autres mondes. Mais sa déclaration « L’artiste ne crée pas d’objets, mais des mondes » se vérifie-t-elle au regard des œuvres exposées dans le cadre de cette biennale à l’Arsenale et au pavillon principal des Giardini ?

L’océan et le ciel comme métaphore de la création dans la fresque de John Baldessari intitulée Ocean and Sky (with Two Palm Trees), 2009, située à l’entrée du pavillon central des Giardini, en est peut-être l’illustration la plus simplifiée.

De façon plus conceptuelle, la série Instruction pièces de Yoko Ono (Lion d’or avec Baldessari pour la carrière artistique) fait participer le spectateur dans une sorte de démystification de l’art. L’œuvre conçue sur la base de textes questionnant l’art fait émerger l’image à travers l’imagination du regardeur. D’autres exemples, comme la série de Wolfgang Tillman, demandent aux spectateurs qu’ils partagent avec l’artiste le pouvoir critique de la vision en portant un regard décalé sur le monde. Ses photographies forment un ensemble d’images abstraites que Birnbaum appelle des « alchimies de lumière » probablement parce qu’elles font naître des correspondances formelles et thématiques qui ne sont pas dépourvues d’un certain érotisme visuel.

L’installation la plus marquante de cette sélection d’œuvres à l’Arsenale est probablement celle du Camerounais Pascale Marthine Tayou. L’œuvre gigantesque, Human being de 2007, qui occupe un grand espace d’un des halls de l’Arsenale se présente, à première vue, comme un village africain. Un regard plus approfondi permet d’identifier des images projetées de la vie quotidienne prises dans d’autres parties du monde. En restant dans le domaine de l’art environnemental, Tobias Rehberger (Lion d’or en tant que meilleur artiste de la Biennale) pose la question du rapport à l’art et à l’expérience esthétique. Ses œuvres sont aussi ancrées dans la vie quotidienne dans le sens où elles confrontent le spectateur à l’architecture, au design et aux interrelations entre l’espace et l’homme. Was du liebst, bringt dich Auch zum Weinen, sa contribution pour le Palazzo delle esposizione, témoigne de cette ambiguïté en étant à la fois une œuvre d’art et une caféteria-restaurant. Développé sur le modèle des « dazzle paintings », technique de camouflage pour bateaux, l’espace fonctionnel devient un lieu de création où les motifs géométriques utilisée sur les murs et les meubles s’enchevêtrent les uns sur les autres.

Parmi les 90 artistes sélectionnés, Birnbaum a choisi des grands noms avec des œuvres plutôt mineures tout en rendant hommage à des artistes comme André Cadere, dont les barres de bois rond rythment la visite comme un leitmotiv qui questionne l’idéologie muséale. Malgré quelques choix judicieux toutes ces œuvres rassemblées ne font pas pour autant une exposition pouvant illustrer le propos prétentieux de son commissaire.

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