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Mathieu Pernot, une vie dédiée

Dans le cadre de l’extension des Rencontres d’Arles en Région à la remarquable exposition de La maison des peintres un deuxième volet à l’Hôtel des Arts de Toulon complète l’engagement de Mathieu Pernot et montre l’étendue de ses diverses pratiques, leur exigence.

Voir en ligne : http://www.mathieupernot.com/

L’exposition s’ouvre sur deux prélèvements. De la série menée avec l’historien Philippe Artières grâce à une commande du Point du Jour des couvertures et des lits repliés extraits de l’hôpital psychiatrique du Bon Sauveur de Picauville évoquent des tombeaux de fortune pour des corps trop souvent absents de l’Histoire ceux de la communauté gitane. Une série de pierres provenant du camp de Rivesaltes en déshérence tente une archéologie réactivée pour pallier au défaut de mémoire officielle pour ce lieu réservé aux gitans. En effet les différentes séries d’images et de vidéos ici réunies apportent d’autres éclairages autour du noyau dur de l’œuvre : la famille Gorgan. Une courte vidéo montre l’artiste en train de déplacer ces pierres depuis le site du camp.

Deux séries de photomatons reconstituent l’histoire parallèle de la famille. Les enfants s’y mettent en scène librement dans la cabine d’Arles, où le photographe les a croisés dès ses études, tandis que le patriarche lui a confié plus récemment les images d’identité instantanées collectées depuis les années 1950. Leur état imparfait de conservation en rend le témoignage plus fragile encore.

Au plan historique pur les doubles clichés face/profil issus du fichage instauré au XIXe siècle par Bertillon pour les criminels illustrent les fiches anthropométriques rendues obligatoires à prtir de 1912 pour les gitans, les roms et les gens du voyage. Ici reproduites et organisées en tableau elles nous rappellent qu’elles ont permis les rafles de la seconde guerre qui les ont conduits dans les camps du Loiret et ceux du Sud.

S’étant appuyé sur les archives de Saliers Mathieu Pernot a rencontré des internés politiques qui y ont séjourné et il en a en 1996 tiré le portrait. Puis grâce à une bourse Villa Médicis Hors les Murs il a pu se rendre en Roumanie pour prolonger l’arbre généalogique par des portraits de groupe devant d’humbles maisons. Si les adultes sont figés dans le respect de l’instant de la pose, les enfants gambadent autour du cercle de famille.

On retrouve cette différence d’attitudes dans une vidéo réalisée lors d’un mariage dans le quartier de la Placette à Nîmes. Si les moyens techniques dont il disposait alors juste à sa sortie de l’Ecole Nationale de la Photographie d’Arles laissent à désirer quant au son, la proximité avec ses modèles nous plonge dans l’intimité de la fête.

La plus belle installation est composée d’une autre vidéo projetée en grand format pour nous convier à l’embrasement d’une caravane après la mort de son propriétaire selon la coutume des gens du voyage. Lors de cette cérémonie l’artiste a aussi réalisé des portraits serrés des différents membres de la famille de toutes générations seulement éclairés par les flammes du brasier funéraire. La retenue ou l’émotion plus visible font de ces portraits sensibles des tableaux dignes de la grande peinture baroque.

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