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Marcheurs et regardeurs à la Cathédrale de Tours

Une création vitrail de Gérard Collin-Thiébaut

Gille Blieck conservateur des monuments historiques à la DRAC Centre a passé commande, après concours, à Gérard Collin-Thiébaut pour la réfection d’une partie des vitraux de la cathédrale Saint Gatien de Tours datant du XIV ème siècle. Associé au maître verrier Pierre-Alain Parot il a produit de 2010 à 2013 un ensemble figuratif très contemporain et tout en lien à ses préoccupations critiques sur l’histoire des images.

Voir en ligne : www.gerardcollinthiebaut.com/

Gérard Collin-Thiébaut , né en 1946 réalise depuis 1990 une œuvre totale : La Maison d’un artiste. Ce lieu de monstration permanente est un ancien prieuré de capucins , auquel il s’est intéressé parce que Gustave Courbet y passa lors de ses séjours à Ornans . Sa pratique se veut souvent post-moderne faite ainsi d’hommages, de réappropriation critique avec les moyens de communications actuels. Les titres de ses séries le signifient clairement Copies et Transcriptions, Distributeurs et Carnets d’Images, Artistes en petits soldats, Peintures sur le motifs et Rébus, et encore L’Album encyclopédique monumental des arts. Dans ses interventions publiques il aime détourner des supports pour leur faire véhiculer des reproductions artistiques, il s’est ainsi dans plusieurs villes consacré à la customisation des tickets de transport. Les diverses catégories des beaux-arts sont toujours revisitées de façon transversale.

En répondant à la commande de la DRAC Centre pour la réfection des vitraux de la cathédrale de Tours il poursuit son travail de mise en visibilité des sources images au service d’un monument d’une grande beauté. Il se place aussi dans une longue postérité.

En 2015, la Cité de l’architecture et du patrimoine proposait l’exposition "Chagall, Soulages, Benzaken… : le vitrail contemporain", occasion de revenir sur notre très riche patrimoine en ce domaine et son évolution.

Dès 1940, Matisse aménage la chapelle Notre Dame du Rosaire à Vence, la repensant dans sa totalité y compris les vitraux dont les motifs rappellent ses œuvres sur toile., il définissait ainsi son projet : "Pas de figures, rien que le patron des formes. ».Vingt ans plus tard , Jean Cocteau, imagine un univers onirique et magique pour créer des vitraux d’inspiration mythologique à l’église Saint Maximin à Metz.

La cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte fait l‘objet d’une politique publique de commande entre 1970 et 1980. Le Centre national des arts plastiques propose ces chantiers à des artistes aussi divers que Jean-Michel Alberola, Gottfried Honegger, Claude Viallat ou François Rouan.

En 1994 Soulages s’attaque aux vitraux de l’abbatiale de Conque, renouant avec les principes de l’ordre religieux des cisterciens, qui avec Bernard de Clairvaux, bannit toute forme d’illustrations pour privilégier prière et contemplation.

Si Gérard Collin Thiébaut refuse cette tradition, il a été précédé par Martial Raysse qui en 1995 adapte l’univers de la publicité et de la bande dessinée pour réaliser les grandes verrières de Notre-Dame-de-l’Arche-d’Alliance à Paris.

La haute figure spirituelle de Saint Martin, appartenant à l’histoire tourangelle, a amené l’artiste à chercher la dimension du partage et de la miséricorde dans l’action de l’association des Enfants de Don Quichotte dressant des tentes rouges pour les sans-abri durant l’hiver 2006, le long du canal Saint-Martin, à Paris. Habitué à mêler les sources d’images hétérogènes il le fond avec un tableau du Greco, des visages d’anonymes, des instantanés de fêtes populaires de la Saint-Martin dans les Flandres. L’ensemble très haut en couleurs éclaire la nef des nuances les plus vives.

L’ensemble des vitraux s‘étalant sur plus de 200 mètres carrés , le verrier Pierre-Alain Parot et son équipe travaillant pour la première fois avec des images existant uniquement sur ordinateur ont du inventer de nouveaux procédés. Cette première technologique dans cet art du vitrail a été mise au point par Saint-Gobain : une tête d’imprimante dépose des poudres de couleurs sur du verre blanc, qui est ensuite cuit et travaillé. Cette variété de sérigraphie sur verre donne tout l’éclat à cette création singulière et d’une haute teneur spirituelle.

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