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Le meilleur de la création africaine dans le salon AKAA

Ocom Adonias
Ocom Adonias
Cette quatrième édition d’AKAA (Also Known As Africa) s’est tenue au Carreau du Temple pour regrouper 50 exposants venus de 18 pays et montrer les oeuvres de plus de 130 artistes africains de différentes disciplines. Une richesse de pratiques souvent ancrées au carrefour de la tradition et de l’art contemporain. Les découvertes de tous ordres y étaient nombreuses.

Voir en ligne : https://akaafair.com

La directrice d’AKAA, Victoria Mann, s’est adjointe un comité de sélection composé à parité de Bénédicte Alliot qui après différents postes occupés à l’étranger pour l’Institut Français, notamment en Afrique du Sud, est depuis 2016 directrice générale de la Cité des Arts à Paris et de Nawal Slaoui curatrice indépendante basée au Maroc. Pour les hommes Osei Bonsu commissaire britannique ghanéen vit entre Londres et Paris, il est le rédacteur en chef du magazine Frieze. et Didier Claes expert en arts africains a ouvert en 2002 sa galerie à Bruxelles.

ELA ( Espaço Luanda Arte) en Angola réunit ses Histoires Trans-Atlantiques d’où émerge le travail de Ricardo Kapuka, autodidacte, ses peintures sur toile et autres textiles mêlent motifs hérités de la tradition et figures du quotidien dans son pays. Il réalise par ailleurs des vidéo-installations. Plusieurs autres artistes se servent de supports pauvres tels que les journaux pour produire des oeuvres picturales le plus souvent réalistes ou figuratives . Le plus intéressant est Ocom Adonias, né en Uganda, qui travaille sa problématique Qui est votre Saint ?  pour aborder ses scènes du quotidien dans des villes africaines, qui peuvent se révéler politiques ou envisager les liens personnels entre hommes et femmes.

La récupération et la transformation de matériaux pauvres peut se faire par des sculpteurs comme Freddy Tsimba (galerie Angalia) qui recrée un plantureux dos féminin avec des clés soudés pour un de ses Corps effacés. Le fil tissé ou cousu peut matérialiser la chaleur des ombres sur des torses masculins clichés par Sakhile Cebekhulu ( Bonne Espérance Gallery) ou inventer des tapisseries colorées que Georgina Maxim du Zimbabwe réalise en mémoire de sa grand mère à partir de vêtements de seconde main.

Présenté par la galerie Magnin-A et originaire de Madagascar Marcel Miracle partage son temps entre Lausanne et le Sud tunisien, dessinateur et collagiste il réalise surtout des petits formats où les mots peuvent compléter dessins et gravures. Il revisite avec humour et inventivité une esthétique peudo-surréaliste. Beaucoup plus actuels et réalisés en grands formats les collages d’Helina Metaferia présentés par les belges de la Nomad Gallery concernent l’influence raciale sur les qualités genrées, elle y utilise aussi bien son propre corps que celui des membres de sa communauté qu’elle associe aussi à ses autres créations performance ou vidéo. Dans By Way of revolution l’esprit communautaire et les engagements sociaux sont illustrés par des rapports d’échelle entre une figure corporelle et des extensions d’autres identités.

  Julien Vignikin d’origine béninoise vit en France où il a été diplômé de l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Dijon, il pratique plusieurs disciplines , des installations à caractère multimédia, des peintures qui peuvent prendre la forme de masques mais aussi s’avérer plus abstraites dans le mélange de matériel pictural avec des clous, des tissus ou des plaques. La galerie Vallois lui consacre un solo showaussi varié que puissant.

Dans la nef centrale du Carreau du Temple AKAA a invité l’artiste congolais Houston Maludi à créer une installation immersive à partir de ses toiles de L’ordre et le Chaos ; sur la haute structure deux papiers peints sur un fond noir et sur un blanc reprennent les lignes entrelacées de ses encres de chine sur toile qui tracent des labyrinthes urbains d’une réelle attractivité, puisqu’ils nous obligent à accommoder notre vision pour en appréhender les proliférations.

La présence photographique semble très significative, les tirages argentiques du sud africain Alastair Whitton rassemblés dans la série A foreign land construisent des espaces très élaborés par des doubles prises. Une même esthétique de tirages à la forte densité réunit les portraits anonymes couleurs de Dagmar von Waeghel (African Arty) , ceux de John Baloyi ( (Dyman Gallery) les images de couples dans l’ombre de leur intimité tirés à l’encre par David Uzochukwu (galerie Number 8) et les tirages barytés en noir et blanc du célèbre Zanele Muholi , sud africain qui dresse le portrait d’une génération de jeunes artistes.

La NIl Gallery de Paris s’attache à deux pratiques photographiques fort singulières, Abass Kelani utilise des casses d’imprimerie récupérées dans l’entreprise de son père pour scénariser des collages de clichés de différentes époques et de statuts différents, le noir et blanc se mêlant aux couleurs passées pour donner une image déstructurée de cellules familiales ou amicales. Les tirages du sud africain Prince Gyasi réalisées au smartphone par leurs couleurs saturées à l’extrême, donnent une étrange représentation stylisée des rapports humains.

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