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La vie au château du Rivau, un must de l’art contemporain

Jan Fabre
Jan Fabre
Parmi les nombreux châteaux de la vallées des Rois de France, classée patrimoine mondiale par l’Unesco, le Château du Rivau, à côté de Chinon et proche de la Devinière maison natale de Rabelais, offre un exceptionnel parcours, aux visiteurs de tous âges et de toutes cultures, tant dans ses jardins de contes de fées que dans ses salles où pièces historiques et œuvres contemporaines amorcent de subtiles dialogues à travers les siècles.

Voir en ligne : www.chateaudurivau.com

Racheté et rénové de façon très respectueuse des plus belles réalisations de l’artisanat ancien en 1995, le bâtiment du XVe siècle accueille cette année dans ses 8 grandes salles 45 œuvres peintures, dessins, sculptures, céramiques et verre, photographies et vidéo, mais aussi taxidermies et installations d’artistes contemporains très connus ou à découvrir. La propriétaire du lieu Patricia Laigneau est aussi la commissaire de cette exposition Il était une fois a vie de château, dont la collection est présente tant dans ces salles superbement réactivées que dans les 14 jardins où les cinq sens sont convoqués comme sur le Sentier des parfums. Là les jambes articulées de Basserode permettent d’animer La Forêt qui court tandis qu’à proximité du Bois amoureux Nicole Tran Ba Vang propose une fontaine en forme de tasse à saké avec ses figures à révéler. Devant le potager de Gargantua un manège en miroirs de Pierre Ardouvin nous accueille pour cette visite où l’art des plus grands garde une dimension ironique ou même humoristique.

Peintures et photographies se partagent la tâche de portraiturer figures historiques et donateurs, Delphine Balley,Valérie Belin et Pierre Joseph et ses personnages à réactiver s’y emploient. Sabine Pigalle donne une relecture insolente où l’époux Arnolfini de Van Eyck n’est accompagné que d’une perruche. Elle dresse aussi dans Dutch last supper, une cène au féminin historique d’une grande force. Des œuvres tissées évoquent la chevelure des princesses mythiques (Elodie Antoine) ou apparaissent avec l’Ondine de Karine Bonneval comme autant de dépouilles de corps disparus dans l’histoire.

Des portraits en trois dimensions nous permettent de croiser La dame aux mouchoirs de Céline Cléron ou de succomber à l‘intensité de l’expression des sentiments de La promise de Violaine Laveaux Les trophées animaux sont liés à la sculpture, aux œuvres de verre et aux céramiques mais aussi à des réinterprétations contemporaine de taxidermies. Cette Ménagerie de salon en cuir doré pour Magali Vaillant, prend aussi la forme tricotée du Sanglier avec Art Orienté Objet ou renforce le lien aux animaux fétiches de l’enfance quand Jeff Koons réinterprète Rudolf the Red-Nosed Reindeer, Paddle Ball Game.

Des œuvres mixtes rejouent les blasons dessinés par Hervé Le Nost ou peints sur des pelles par Wim Delvoye et encore sculptés par Jan Fabre.Parmi les installations on peut reconnaître le caractère iconoclaste dans une des chapelles de la tour de la Jeanne en armure aux plumes de faisan de Julien Salaud, apprécier le caractère zen d’une cellule monacale imaginée par Violaine Laveaux pour une autre Jeanne(qui) subissait l’attrait du beau et s’amuser de la séance de repassage d’une cote de maille devant une des imposantes cheminées que Karine Marenne mène en costume d’époque.

Différents hommages à l’histoire de l’art peinte sont l’objet de tirages comme ceux de Roger Wagner pour la tapisserie, de Matt Collishaw à l’Annonciation ou des Studies into the past de Laurent Grasso. Dans ce domaine une découverte majeure est constituée par une petite toile d’Antoine Roegiers qui s’appuie sur la relecture de la grande peinture pour en donner un éclairage actuel d’une réelle prégnance. Son site reste à découvrir : www.antoineroegiers.com/

Si des expositions traditionnelles en galerie ou au musée ne nous invitent pas toujours à être assez attentif à chacune des œuvres l’intérêt de cette subtile scénographie alliant histoire et création la plus actuelle est d’obliger notre curiosité à s’exercer pour démêler les provenances, la lecture des cartels nous amène à être intéressés par la qualité des plus grands artistes internationaux ici présents aux côtés de nombreux plus jeunes artistes dont beaucoup femmes qui sont autant de révélations.

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