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La trame des mondes

Fil conducteur
Fil conducteur
Jusqu’au 9 novembre à la Galerie 6 bis, sis 6 bis cité de l’ameublement, se tient une exposition d’oeuvres de Nicolas d’Olce qui est en elle-même un moment rare, mais qui marque aussi le commencement d’une histoire éditoriale, celle des éditions Scrawitch.

Voir en ligne : www.scrawitch.com

1 Nicolas d’Olce a l’habitude de travailler sur des matériaux non conventionnels comme en témoigne cette exposition. Ici des plaques de plexi dans lesquelles il a creusé à la main au burin ou à la ponceuse des lignes erratiques et des marques asignifiantes côtoient des gravures retravaillées à la presse à lithographie. La relation entre ces œuvres est de l’ordre de la matrice à l’empreinte, à ceci près que les grands plexis sont les matrices des matrices réelles et les gravures-litho des pièces originales malgré leur statut de multiple impliqué par l’impression. Le plus souvent traversées par une ligne verticale droite nettement marquée, - elle est parfois horizontale et semble alors comme le souvenir lointain d’un horizon terrestre que abandonné comme référence absolue du partage entre ciel et terre – ces œuvres sont composées d’inscriptions matérielles singulières. En effet, ces traces évoquent de manière indubitable l’infinité des signaux, à jamais insaisissables, que depuis maintenant quelques décennies, chacun a pu voir sur l’un ou l’autre des écrans qui peuplent le monde, ceux de la télévision, ceux des chercheurs, des traders ou des observateurs attentifs aux messages qui pourraient provenir de mondes extraterrestres. Ces lignes atteignent à leur pleine puissance expressive portées qu’elles sont par des masses colorées saturées qui apparaissent, rouge, noire, violette, le plus souvent sur un fond gris ou parfois sur un fond d’un orange à faire pâlir nos rêves solaires ou d’un noir à porter tous les rêves de l’humanité. Et puis, enfin, il nous faut regarder. Et ici, regarder, c’est écouter voir, car quoique absolument non figuratives, ces lignes, ces signes, ces pans colorés, ces traces sont absolument évocatrices de la complexité des sources qui nous permettent aujourd’hui d’espérer pouvoir nous faire une idée-image du monde dans lequel nous vivons. Oui, il y a du sonore dans ces lignes, mais aussi une sensualité portée par l’évocation incertaine de hanches multiples, de danses inattendues. Il y a comme le souvenir des paysages du plaisir, enchevêtrés dans les cartographies mouvantes des villes expansives, et semblant contredire leur affirmation de trait creusés sur la surface des choses, les grands nuages de couleurs qui portent et emportent tout, vers des zones inconnues de nous.

2 Ces œuvres sont non seulement le résultat du travail de Nicolas D’Olce mais le fruit d’une aventure collective dont il faut ici saluer le commencement. Reliés les uns aux autres par les fils tendus d’amitiés anciennes, l’artiste, Nicolas D’Olce avait envie de réaliser un nouveau projet avec Thomas Marin, un maître dans l’art de la litho qui travaillait autrefois à l’atelier de Frank Bordas. Ami de l’écrivain Mathias Enard et du peintre, Julien Bézille, un philosophe ayant atterri dans le monde de la communication internet, il les a convaincu de l’accompagner dans une aventure à laquelle ils pensaient, tous, depuis longtemps. Julien a donc fondé Scrawitch une maison d’édition de multiples et de livres d’artistes dont c’est ici la première manifestation publique. Pour la réalisation de cet ensemble, ils ont pu compter sur le soutien généreux de Christian Bramsen qui leur a permis de travailler sur la grande presse Voirin pendant l’été. Fil conducteur, le livre qui a été édité à cette occasion permet de s’immerger dans le travail tel qu’ils l’ont vécu, tous, pendant ce mois d’août 2011, et cela en humant les mots de Mathias Enard d’un oeil, l’autre œil pouvant traverser, comme une fusée, les images mutantes de ce cosmos électronique qui constitue notre nouvelle patrie.

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++INFO++

Exposition Nicolas D’Olce Galerie 6Bis 6bis cité de l’ameublement 75011 Paris Du3 au 9 novembre de 11H à 20H Livre-catalogue : FIL CONDUCTEUR texte Mathias Énard

www.nicolasdolce.com Julien Bézille julien@scrawitch.com

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