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Quelques impressions de la 52e Biennale d’art de Venise

La Cité des sens

Jill Mercedes
Jill Mercedes
©Paul di Felice
Tous les deux ans, Venise, ville musée, par excellence, devient le décor du grand théâtre de l’art contemporain. Le thème fédérateur de la 52e exposition internationale d’art “penser avec les sens, sentir avec l’esprit”, choisi par le directeur artistique américain Robert Storr, connaît ici une longue tradition car cette ville, en perpétuelle mise en scène, a toujours su gommer les frontières entre penser et sentir. Dans cette ville chargée d’histoire et de patrimoine, le sous-titre « L’art au présent » s’impose. Visiblement l’actualité artistique semble mise en avant dans cette programmation complexe.

L’exposition principale située en partie à l’ « Arsenale » et au pavillon italien des « Giardini » regroupe une centaine d’artistes avec des œuvres récentes qui, selon Storr, « témoignent d’une vitalité qui plus que jamais les rend actuelles ». La prolifération des pavillons nationaux dans la ville ainsi que les nombreuses expositions collatérales au centre et sur les petites îles de la lagune rendent compte de la diversité de la situation artistique actuelle. Malgré l’exubérance des propositions, l’objectif du directeur de la biennale est de valoriser chaque oeuvre dans sa singularité comme dans son contexte d’exposition. Cette panoplie de suggestions dynamiques est là dans sa complexité pour nous faire réfléchir sur ce que Robert Storr appelle « les dichotomies analytiques entre perception et conceptuel, entre pensée et sentiment, entre plaisir et douleur, entre intuition et réflexion critique ». Soixante dix-sept pavillons nationaux avec des choix de plus en plus pertinents côtoient les institutions, les grandes expositions et les palais qui offrent des confrontations intéressantes par rapport à des thèmes d’actualité. A cela s’ajoutent aussi quelques nouveautés du côté de la présentation. D’abord, la création du nouveau pavillon italien dont l’exposition organisée sous la direction d’Ida Gianelli oppose deux artistes aux sensibilités diverses, Giuseppe Penone avec son approche écolo-poétique et Francesco Vezzoli et sa démarche critico-médiatique. Puis, l’intégration du pavillon africain et turc dans la continuité de l’exposition centrale de l’Arsenale marque politiquement et artistiquement la reconnaissance d’artistes émergeant des périphéries du monde de l’art.

Annoncée, avec grandes pompes, (la façade de l’ « Accademia », en restauration, a été couverte d’une énorme bâche publicitaire) l’exposition du pavillon africain « Check list luanda pop », sous le commissariat de Fernando Alwim et Simon Njami, présente une sélection intelligente des œuvres de la collection de l’homme d’affaires congolais Sindika Dokolo. La présence africaine est probablement renforcée aussi par l’attribution du Lion d’Or, cette année, à Malick Sidibé pour l’œuvre d’une vie. Sa série « Les Africains chantent contre le Sida » fait en quelque sorte le lien entre le pavillon et l’exposition thématique de la biennale exemplifiée à l’Arsenale.

Beaucoup de travaux, malgré leurs différences et variétés, répondent au thème général de cette édition de la biennale. Pour Robert Storr, l’œuvre permet de prendre conscience de l’être et de « donner du sens à un moment et à des circonstances déterminés pour en cueillir la pleine complexité sur le plan intellectuel, émotif et perceptif ». Sous cette grille de lecture, on peut facilement interpréter certains choix de commissaires des pavillons nationaux. Le retour au dessin et à la peinture pour les uns, le dispo

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