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L’image performative devenue sculpture sociale

Une exposition de Laurent Goldring, Galerie Maubert

Corps Insensés
Corps Insensés
Si la photographie travaillée par les artistes est souvent apparue comme la continuation de la peinture par d’autres moyens techniques, la pratique vidéo de Laurent Goldring poursuit avec les mêmes prérequis la quête de la sculpture. Pour sa première exposition à la galerie Maubert il affirme ces transformations dans un titre en deux temps : « Mouvement premier, Corps insensés ».

Voir en ligne : http://galeriemaubert.com/expositio...

La représentation physique du corps a connu peu de transformations radicales depuis les Distorsions de Kertesz et les anamorphoses de Les Krims, les deux tendant au monstrueux même si l’américain tempère cette tendance par son humour d’une grande ironie sociétale.

Laurent Goldring aime passionnément ces corps qu’il filme sur le fond noir du studio. Le genre n’étant pas ici primordial, seuls des danseurs ou danseuses pouvaient non seulement accepter mais encourager ces images « insensées » de leur corps dans la grâce du mouvement continu. Entre l’arrêt photographique et e flux du film l’auteur choisit en effet le temps clos de la boucle qui dénature l’image du corps en la faisant muter d’un registre de référence à l’autre.

Un crâne soumis à ce culte de la boucle devient bille de chair aux allures et dimensions d’une planète. Dans un espace sans repère un dos teste son devenir pierre ou masse végétale. A l’occasion l’humain s’interroge à l’aune de l’animal. Les hiérarchies érotiques ou sensuelles bouleversées, un regard dispensé du jugement nous redonne à voir la matière épurée de la chair.

Les photographies noir et blanc suspendues hors de ces boucles couleurs mêlent rendu argentique des lignes de membres et pixels qui semblent en dédoubler la surface charnelle. Dépourvus d’identité ces corps devenus génériques s’affirment contemporains de leurs congénères ayant subi les manipulations bio-génétiques. Pour leur faire face, répondre à leur dépaysement le vidéaste a saisi les têtes semblant sans corps qui s’affirment dans une unité historique de si courte portée en ce 7 janvier 2015 où Charlie scandé tenait lieu d’identité commune à un peuple bouleversé mais qui se refusait terrorisé.

La longue pratique de l’image sensible qui dans ses attendus comme dans ses collaborations devient performative lui donne force de sculpture sociale.

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