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FIAC 2018, des découvertes malgré tout

Richard Baquié
Richard Baquié
La FIAC réunissait cette année près de200 galeries venues de 30 pays , elle a reçu 72500 visiteurs. Cette édition du fait du rétrécissement du marché reste sur des valeurs plus consacrées et apparaît relativement classique avec de très grands artistes y compris de la période moderne. De nombreuses galeries internationales présentaient des artistes émergents ainsi que le secteur Lafayette, qui accueille de plus jeunes galeries. Les événements extérieurs libres d’accès concourraient à cette diversité. Trois foires alternatives complétaient cette proposition Outsider Art Fair, P/CAS Paris Contemporary Art Show et la toute nouvelle Bienvenue.

Voir en ligne : https://www.fiac.com/

Comme pour compenser le prix d’entrée si élevé au Grand Palais (plein tarif à 38 euros) le Petit Palais accueillait gratuitement les sculptures et installations de FIAC Projects . Toutes ces œuvres entrent en dialogue avec les statues présentes dans le hall. On y trouve les créatures hyperréalistes nues de John Deandrea, les fragments corporels emballés de Thu Van Tran pour son installation Peau Blanche (Mesen De clerck, Brussels), enfermée dans une cage aux supports peints en transparence , une sculpture classique évoque pour Cécile Bart les Migrants (Galerie Catherine Issert). D’autres statues traditionnelles sont animées par des moteurs pour en varier la perception dans l’installation de Francisco Tropa Pénélope (Galerie Jocelin Wolff).

Pour les stands les plus réussis scénographiquement parlant on ne pouvait ignorer la Galerie Gmurzynska transformée en caserne de pompiers hébergeant à la fois des centaines d’extincteurs gravés et des peintures d’Yves Klein, d’Otto Piene ou de Joan Miro. Non plus que la sculpture haute en couleurs de Katharina Grosse, pin et tissu en hommage à Ingres pour Gagosian. L’un des stands les plus singuliers, celui d’In situ Fabienne Leclerc nous accueillait avec une sculpture de Patrick Van Caeckenbergh tandis que dialoguaient trois artistes iraniens d’un grande force expressive avec photographies et collages hauts en couleurs, Ramin et Rokni Haerizade et Hesam Rahmanian.

La sélection photo montrait des artistes très reconnus tels Andreas Gursky ou Johnn Baldessari et Metro Pictures exposait encore Louise Lawler et les derniers portraits scénarisés de Cindy Sherman. Parmi les plus jeunes le chinois Liu Bolin était aussi présent. Mais on trouvait aussi la plus rare et exigeante La Toya Ruby Frazier. Les collages de Maja Bajevic nous invitaient à découvrir How to explain the world to the Martians (Women) à la Galerie Peter Kilchman Zurich

A côté d’une section Parades for Fiac consacrée à la performance on pouvait apprécier le face à face à la galerie Espaivisor de deux pionnières de cette discipline Esther Ferrer et la croate Sanja Ivekovic . Le chorégraphe américain Daniel Linehan invitait à une visite dansée de la foire. Chez Vallois Pilar Albarracin accrochait un triptyque d’images performatives de femmes suspendues en robes flamenco.

Pour les dessins plusieurs galerie dont Thaddaeus Ropac défendaient Robert Longo avec des fusains de grand format réalisés d’après l’analyse au rayon x d’oeuvres célèbres de l’histoire de l’art appartenant à la série Hungry Ghosts. Moins arty il était important de revoir les dessins au bic de Stéphane Mandelbaum à la galerie Zlotowski.

Deux artistes trop tôt disparus trouvent ici une présence significative. Après la double exposition organisée au Transpalette de Bourges et à la Maison Européenne de la Photographie il est intéressant de retrouver un grand nombre d’oeuvres de différentes techniques de Michel Journiac réunies par Christophe Gaillard. Richard Baquié né en 1952 est décédé en 1996. Il a fallu attendre 2017 pour que l’Hôtel des Arts de Toulon lui consacre une vraie rétrospective Déplacements De ce fait sa présence à la Galerie Thomas Bernard Cortex Athletico dans un dialogue puissant avec Anita Molinero constitue un événement. On redécouvre sa série d’oeuvres mixtes collage photo , encre et crayon appelée Dessins (Approche) . On y trouve comme dans la plupart de ses sculptures des textes intégrés, qui ne constituent pas des légendes mais des indices pour favoriser l’appréhension du regardeur.

YIA Art Fair s’est transformée cette année en P/CAS Paris Contemporary Art Show qui a réuni au Carreau du Temple 65 galeries présentant plus de 300 artistes. Des galeries de province comme Annie Gabrielli (Montpellier) (avec de nouvelles oeuvres de Muriel Bordier) ou Goutal d’Aix en Provence s’y affirment avec constance et l’on retrouve toujours avec intérêt les propositions qualitatives de la genevoise Annalix Forever. Segolène Brossette défendait les strictes Parures de Christine Mathieu.

Plutôt que de tenter de concurrencer la FIAC officielle la Cité des arts rue de l’Hôtel de ville, a choisi avec Bienvenue Artfair,de trouver une autre formule ne serait ce qu’en restant ouverte deux semaines avec des galeries tenues par des passionnés à peu près de la même génération Claire Gastaud, Alain Gutharc, Valeria Cetraro, Anne Barrault et Bernard Jordan, Bernard Utudjian ainsi que Christian Berst Art Brut.

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