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Juste avant de voir du subtil dans l’art

du subtil dans l’art

Benjamin Lévesque, Ispahan, huile et pigments sur toile, 130 x 194 cm, 2006
Les œuvres de Benjamin Lévesque nous abreuvent aux sources même de la peinture, celle d’un Giorgione, dans « La tempête » par exemple ou d’un Watteau certes, puisqu’il s’en revendique. Et nous sommes surpris de retrouver les traces d’un mystère que nous avions perdu, presque oublié.

Benjamin Lévesque n’en a pas fini de nous jeter de la poudre d’or aux yeux. Elle sature notre regard, nous éblouit comme pour nous empêcher de regarder, pour cacher, pour taire. D’emblée l’espace de la toile nous place au cœur d’un « drame » qui se vit dans des temporalités « spatiales » différentes. Un minutieux détail de premier plan fait vivre le lointain d’un paysage suggéré. L’usage du crayon de papier, celui des brouillons de l’enfance et de l’école, vient parfois hachurer l’espace du temps présent, telles les reprises que nos grands-mères savaient si bien faire sur les trous de nos chaussettes et les déchirures de nos vêtements. Patiemment, minutieusement, ces broderies de crayon ou de plume ressemblent parfois aux pages d’écritures de nos cahiers d’apprentissage, écriture des pleins et des déliés, celle d’un autre temps comme un message indéchiffrable délivré dans l’espace de la peinture. De petites bandes de papier de soie apposées régulièrement tissent un espace sur le canevas de la toile comme pour panser, bâillonner peut-être, mettre du blanc sur ce qui est en train de se dire. Des oppositions de couleurs vives et chatoyantes, sont maintenues dans leur antagonisme par des frontières indécises comme autant de forces, de tensions, de luttes qui s’affrontent.

Benjamin Lévesque dit peindre des paysages qu’il travestit, pourtant il nous semble les connaître. Le paysage, espace profane et familier, apaisant et rassurant parce qu’il n’exclut pas le temps, ne serait-il qu’un prétexte, une ruse ? Un terrain de jeux sur lequel le peintre nous donne à voir son langage, langage qui raconte les forces qui l’animent face aux pressions et aux contraintes du monde extérieur, langage qui n’a pu se dire que dans la réalité picturale présente et qui sans elle, n’aurait jamais été sue. Et s’il lui arrive de morceler ses espaces c’est souvent pour mieux les réunir pour le supplément d’une nouvelle réalité.

Rassembler ce qui est épars, réunir des espaces, des temporalités différentes pour que tout tienne ensemble dans une dialectique qui ait un sens, celui de l’œuvre en train de s’accomplir.

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