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Des réponses artistiques diversifiées à la pandémie. Arles contemporain 4

Nous avons tout gardé
Nous avons tout gardé
Au moment où un homme de télévision a été préféré à un homme de terrain aux municipales, où Christophe Wiesner, transfuge de Paris Photo, vient d’être nommé à la direction des Rencontres d’Arles 2021, la ville désertée par l’édition 2020 annulée du fait de la pandémie réagit par toutes sortes d’initiatives que recense Arles contemporain. La qualité de ces propositions comme leur diversité mérite de traiter cette situation inédite en plusieurs articles. Après les quatre plasticiens, les deux artistes de Voies Off, les trois découvertes historiques nous terminons ce tour des expos arlésiennes par des réponses contre idéologiques à la situation historique et à la pandémie.

Voir en ligne : luma-arles.org/fr

Les rues de la ville ont toujours arboré tirages, dos bleus, affiches et suspensions. Pascal Bois n’a pas voulu laisser la rue de la Roquette vierge d’images et pour prolonger la tradition de Regards et Mémoires sans capacité d’inviter des créateurs étrangers il a accroché ses propres images hautes en couleurs. La Cellule Archive, dirigée par Gael Mamine a produit sur les murs Les images perdues regroupant des photographes de mode tels Grégoire Alexandre, Sarah Moon, Peter Lindberg ou Max Vadukul. Leurs images décalées ne sont illustrées que du nom de l’auteur et d’un court commentaire qui en problématise la lecture.

Deux groupes d’anciens étudiants de l’ENSP ont produit leur propre exposition collective. Mais nous avons tout gardé scénographie les restes de la fête qui subsistent sur leurs smartphones, accompagnés d’un texte poétique et présentés comme un chemin éclairé de leds. La trace de ce qui s’est effacé pendant la nuit questionne le rôle mémoriel du portable. Avec 1 mètre symbole de la distanciation sociale onze artistes arlésiens invités à investir l’immeuble du 16 eme siècle abritant la librairie et l’atelier du Palais. Le portable y est symboliquement incendié dans une vidéo de Prune Phi, et au fil des étages nous découvrons des créations, photographiques ou plastiques ,qui interrogent ce qui nous sépare, tandis qu’une derni !re installation de verres à emporter rétablissent de la convivialité.

La Fondation Manuel Rivera-Ortiz, dédiée aux films et aux pratiques documentaires accueille sur un commissariat d’Audrey Hoarau la touchante série Giving birth in exile de Sylvie Léget, qui narre le destin douloureux de cinq femmes venues d’Afrique et d’Europe de l’Est. Elles partagent le fait d’avoir donné la vie sur leur chemin d’exil ou à leur arrivée en Suisse où vit l’auteure. Elle complète ces portraits qui manifestent une lente approche de ces femmes de textes issus de leur témoignage . A la Croisière Of soul and Joy est une plateforme d’apprentissage de la photographie développé depuis 2012 par Rubis Mécénat en Afrique du Sud sur les réalités des townships au sud-est de Johannesburg. Si l’ensemble de ces séries manifestent une réelle écoute de la situation on remarque particulièrement les oeuvres très graphiques de Sibusiso Bheka - Stop Nonsense 2016 - et de Thembinkosi Haltshwayo - Slaghuis 2018 - qui révèlent photographiquement une violence sourde, résultante des proximités d’habitat ou des traumatismes de l’enfance.

Hans Ulrich Obrist contacté par la Fondation Luma a repris un modèle d’exposition initié en 1993 avec Do it, grâce à complicité de Christian Boltanski et Bertrand Lavier. Il s’agit d’inviter les artistes à écrire des instructions, des partitions et des recettes, pouvant être interprétées par d’autres. Dans l’un des bâtiments du patrimoine industriel des Ateliers, en attendant l’inauguration du bâtiment de Frank Gehry les trois niveaux sont envahis d’affiches sous l’intitulé Its’urgent produites par les plus grands noms de l’art contemporain. La règle proposée a été de réaliser des affiches, avec des propositions concrètes plutôt que des utopies. Les différentes écologies, la question des inégalités, la promesse d’un avenir commun sont illustrées avec une grande puissance graphique. Comme le déclare le curateur : « Le monde a besoin d’idées, de visions et de perspectives radicales sur la société de la part des artistes : It’s urgent ».

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