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CORPS QUI FLOTTENT , ESPACES INCERTAINS

Global Photography au 19° SI FEST à SAVIGNANO

Karin Apolonia Muller
Karin Apolonia Muller
Comment construire encore des mondes quand les composantes et les matériaux en sont aussi peu fiables. Telle pourrait être la leçon du 19° festival SI FEST de Savignano sul Rubicone. Le célèbre Rubicon franchi par Jules césar coule en cette petite ville d’Emilie Romagne voisine de Rimini. Les dimensions des barrières du monde se sont défaites et la Global Photography mise en avant par Massimo Sordi et Stefania Rössl tente d’en redéfinir les contours du moins de les mesurer de nouveau à la taille humaine.

Voir en ligne : www.savignanoimmagini.it

Le territoire se dérobe sous les pieds des îliens eskimos que Dana Lixemberg a rencontré après les icônes évanescentes du gotha de la chanson américaine. Les beautés albinos de Paola de Grenet semblent se diluer sur le fond clair où elle situe leur rencontre.

Influencé par une riche culture du cinéma américain, Max Steinmetz parcourt le deep south, et il n’y croise que des êtres pris dans une fragilité qui ne trouvent pas à s’employer dans les scripts du quotidien. Tout en tension et comme en perpétuelle attente les figures de Zlotan Jokay sont marquées des couleurs d’une mémoire mal définie. Silvia Camporesi fait de l’eau sa compagne de jeux très baroques où Ophélie se conjugue au rythme coulé d’une danse de contre-mort.

En revanche les viandes et déchets animaux de Patrizia Zelano demeurent dans une logique de décomposition qui,bien que pourvue d’une réelle fascination, nous concerne dans notre destin de mortels.

Alors comment faire monde de ces figures labiles, peut être en acceptant avec Karin Apolonia Muller notre destin lilliputien d’Anges déchus, toujours sur la frange, trouvant encore l’espace minimale d’une action de micro-désirs.

Oui des mondes se construisent encore dans les interstices des soubressauts du réel tels que Roger Ballen les organise dans l’enceinte carrée de ses images. Animaux et petits d’hommes se glisssent dans les failles des coussins et tissus qui amortissent bruit et fatigue. Les figures quasi pariétales qui ornementent les murs de ces abris se veulent gardiens des figures humanoïdes qui subsistent dans l’ombre.

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