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Avoir lieu d’être lu

Synagogue de Delme
Synagogue de Delme
L’exposition Vides, dont Mathieu Copeland était l’un des commissaires, existait autant dans les espaces vides du Centre Pompidou que par la profusion de son excellent catalogue. Ce déplacement qui appartient à la grammaire de l’art conceptuel, Mathieu Copeland le remet en œuvres à Delme, sans pour autant tomber dans une réitération stérile.

Voir en ligne : www.cac-synagoguedelme.org/

Une exposition (du) sensible rejoue les expositions précédentes de Copeland avec une partition éclatée. Il est question tout à la fois de vide, de mouvement et de parole, mais il est aussi question d’une exposition qui se propage, qui quitte son lieu pour se disséminer et agir. Le « lieu d’exposition », ici La Synagogue de Delme, n’intervient finalement que comme base-arrière de l’exposition, là d’où les spectateurs partent et où les œuvres font retour.

Le choix qui a été fait est celui d’œuvres qui s’insèrent et opèrent sur le réel. Cildo Meireles réactive Insertions dans des circuits idéologiques, produisant le déplacement géographique et temporel d’une œuvre déjà construite sur la circulation. Nombres de pièces sont infiltrées dans le territoire local, sans pour autant s’afficher comme des objets d’art, c’est-à-dire des corps qui seraient aussitôt identifiés, étiquetés socialement et, de là, neutralisés. Dexter & Sinister interviennent par exemple sur le bulletin municipal qu’ils ne ramènent pas dans le champ artistique mais mettent à nu en exposant sa fabrication.

L’écrit est un des lieux-clés de l’exposition qui s’accompagne d’un livre titré Une exposition à être lue. Il y opère le même mouvement de dissémination. La Synagogue intervient là comme scène, écran, chantier. Les textes peuvent y être lus, projetés ou déployés pour constituer une exposition supplémentaire (portant un titre différent de celui de l’exposition, le livre se pose clairement comme une exposition dans l’exposition).

Dans cette dernière, tous les textes opèrent des délocalisations, de texte à texte, du texte vers des espaces précis, dans le livre même, dans le temps. Le plus réussi est sans doute celui de Charlotte Moth qui joue le plus habilement des passages d’un lieu à un autre, qui déplie une installation polymorphe dont les incarnations manquées trouvent ici leur place. Certains textes restent un peu laborieux, englués qu’ils sont dans une érudition que l’écriture ne parvient pas à dépasser. Falke Pisano construit, à l’inverse, un texte stratifié et habité.

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++INFO++

Une exposition à être lue Keren Cytter, Amélie Dubois, Goldin+Senneby, Benoît Maire, Charlotte Moth, Falke Pisano et Cally Spooner // publié par le centre d’art contemporain de la Synagogue de Delme

Une exposition (du) sensible Jusqu’au 19 septembreau centre d’art contemporain de la Synagogue de Delme

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