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Pour une critique responsable

Brian Finke / Galerie Philippe Chaume
Brian Finke / Galerie Philippe Chaume
Brian Finke / Galerie Philippe Chaume

Les journaux surtout lorsqu’il s’agit d’institutions comme Le Monde, le Figaro ou Libération ont un rôle à jouer important dans la formation du goût du public dans l’approche de l’art contemporain en général et de la photographie en particulier. A une époque où règne la confusion totale entre art, culture et spectacle, où domine partout le détestable effet « c’est mon choix », à une époque où le nouveau président de la république après que ses prédécesseurs ait confié leur portrait à Gisèle Freud, Jacques Henri Lartigue et Bettina Rheims s’adresse à un praticien spécialiste de la photo people pour établir le sien, dans une période où les vedettes de la chanson se substituent aux experts de tous ordres, quand la marchandise culturelle s’internationalise et se berlusconise les exigences attendues de la critique d’art sont essentielles, même si encore trop baguenaudées.

On a connu depuis les années 80 les responsables de la rubrique critique du Monde d’Hervé Guibert à Patrick Roegiers et plus récemment de Michel Guérin à Claire Guillot . Or depuis quelques temps la rubrique est signée d’un nom féminin Hélène Simon, qui sent son pseudonyme. Caché (e) derrière cet anonymat un de ses articles récents (1) exécute en deux phrases le travail d’un jeune artiste Jurgen Nefzger justement récompensé par le prix du Jury du Jeu de Paume. Jugez-en :

« Car la puissance et l’originalité des oeuvres de Bourcart écrasent "Fluffy clouds", la série convenue de Nefzger, ici sagement présentée. Réalisés à la chambre, aux abords de centrales nucléaires européennes, ces paysages topographiques teintés d’un humour gentillet semblent avoir été vus ailleurs des dizaines de fois. »C’est là que le bât blesse notre écrivaine pressée, que l’excellente série « Fluffy Clouds » dont elle se débarrasse en 253 caractères ait séduit le public. (Lire suite article « La critique photographique en état de légèreté » rubrique Tactiques )

Si les contingences journalistiques que l’on connaît ramènent la longueur d’un article à sa portion congrue n’acceptons plus de se défaire d’un travail de longue haleine en deux phrases façon talk show, les journaux qui survivent ne sont pas encore réduits à la misère intellectuelle de la majorité des chaînes télévisées, prenons y garde.

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