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21358Smart Des lectures miniatures du monde.

Prix ex-aequo lacritique.org Réalités Nouvelles 2014

Microcosmos
Microcosmos
Marijah Bac Cam française née en 1974 et Sander Steins hollandais né en 1973 travaillent ensemble depuis 2012 sous le l’appelation mystérieuse 21358Smart. S’étant rencontrés sur internet ils décident que ce médium sera leur outil de travail puisque chacun réside dans son pays. Ils usent fréquemment des nouvelles technologies de l’ordinateur au scanner sans compter Skype etc. Ces moyens de production ou de communication sont mis au service de leurs pratiques plus traditionnelles en tant que peintres, dessinateurs et photographes.

Voir en ligne : www.21358smart.com

Pour Réalités Nouvelles trois ensembles de six dessins de petit format sur papier bambou proposent rien moins qu’une lecture globale de notre rapport au monde. Aux catégories reconnues par la tradition qui oppose microcosme et macrocosme nos deux artistes en ajoutent une nouvelle. Elle correspond à notre époque travaillée par la mondialisation, ils l’approchent comme Multicosmos. L’intérêt d’une telle démarche se situe bien entendu dans l’apparent hiatus entre l’ambition globalisante du projet et une certaine pauvreté des moyens plastiques engagés, encres de chine, sanguine ou de couleurs primaires. Les effets contradictoires se trouvent amoindris grâce au protocole d’élaboration commune. Il serait hors de propos de l’assimiler à la pratique surréaliste du cadavre exquis qui fonctionne sur la méconnaissance de la plus grande partie du dessin ou de l’inscription à compléter. Dans le singulier partage d’imaginaire qui les anime que l’initiative revienne à l’une ou à l’autre la seconde intervention graphique prolonge et finalise le propos.

Ainsi le premier ensemble suscité chez Marijah par l’évocation des ombres d’arbres s’est trouvé modifié par son complice de telle sorte qu’il laisse voir à distance une circularité potentielle qui semble clore le système sur lui-même. En fait l’énergie qui s’y trouve répartie de façon quasi fractale autorise le regardeur à poursuivre mentalement les liens d’un espace de support à l’autre. L’utilisation de la seule couleur noire dramatise l’impression de huis-clos nécessaire à une pensée ou à une actions unifiées. Ce Microcosmos répond aux exigences de l’esprit individuel.

Le second ensemble voit ses couleurs réparties entre le noir et le rouge, symboliques de la passion. .Ce Macrocosmos apparaît plus biologique, plus incarné dans son évocation d’un système veineux. Une ligne de vie, celle de la chair, s’y trouve impliquée et un nécessaire engagement corporel semble à ce prix.

Le Multicosmos a ouvert nos perspectives d’actions et surtout d’échanges via technologies et média sociaux . Les deux artistes s’amusent à le dessiner aux couleurs communes de leur drapeau respectif qui se partagent le le blanc, le bleu et le rouge. Ils y ont ajouté le vert qu’ils revendiquent de la nature. L’ensemble apparaît plus joyeux, plus désorganisé aussi, avec l’exubérance de la vie partagée.

Cet ensemble de trois séries apparaît d’autant plus singulier qu’il se trouve à l’opposé des pratiques d’une froide abstraction géométrique qui a fait son temps même si certains courants photographiques comme celui d’une partie de l’école finlandaise essaient de le réactiver numériquement.

Les 21358Smart pratiquent eux aussi l’estampe numérique où ils projettent les mêmes enjeux ambitieux que dans leurs autres productions. Dans tous les cas ils utilisent des moyens d’échanges efficaces, peu onéreux, légers, facilement transportables et rapides dans l’envoi. La quasi simultanéité des échanges électroniques par ordinateurs risquant de supprimer une certaine impulsivité du geste à quatre mains ils en retrouvent le caractère « sketch » dans le choix de supports papier semblables. Le délai technique dû au support logiciel de retouche d’image est compensé quand leurs hybrides ainsi produits retrouvent un caractère « fait main » par l’ajout sur l’épreuve finale de touches picturales expressives et abstraites.

Grâce aux actuels moyens légers d’une esthétique pauvre, mêlant tradition et contemporanéité les deux artistes nous introduisent à la richesse d’une lecture miniature de nos rapports au monde d’une réelle exigence.

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